Réflexion

AIMER GRATUITEMENT

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Telle est la consigne que Jésus donne à ses apôtres. Ils apprendront qu’en bout du compte, c’est leur propre vie qu’ils devront donner, comme leur maître qui a donné la preuve de son amour en mourant pour nous alors que nous ne le méritions pas (cf. 2e lecture, Rm 5, 6-11).
Donner gratuitement, c’est donner sans rien attendre en retour ; c’est aimer sans discrimination des personnes. C’est, comme Jésus, aimer le premier, la première. Cela doit devenir le réflexe naturel du chrétien dans la vie courante, comme le rappelle ce texte d’un auteur anonyme que je confie à votre réflexion.
« Les disciples du Christ, par leur fidélité à l’Esprit, ont appris un art d’aimer. Leur secret, le voici. Ils savent que Dieu les a aimés le premier, en son Fils, au point de les sauver en les rassemblant. Ainsi, mus par l’Esprit de Jésus qui habite en eux, ils aiment toujours « le premier ». Leur amour n’est pas d’abord la réponse à un penchant, une attirance, c’est un engagement de l’être vis-à-vis de l’autre, qui fait qu’on aime le premier dans le but de guérir l’autre, de le fortifier, de le sauver. Et dans cet engagement, chacun trouve un équilibre et une paix bien plus profonds et plus stables que la paix fallacieuse et précaire faite de la simple concession à des attirances humaines et à des sympathies faciles. Certes, ils ne nient pas la valeur de la réponse à un attrait humain et à une sympathie, mais ils savent que l’amour est enraciné plus profondément et que, sans celui-ci, aucune sympathie, aucun attrait ne peut se maintenir et croître.
Ils ne s’étonnent pas de voir autour d’eux d’autres groupes se faire et se défaire au gré des affinités et des répulsions, des sympathies et des antipathies. Ils ne s’étonnent pas de voir des couples s’unir et se dissoudre selon les variations de l’affectivité et les aléas de l’attrait humain. Conscients du don que Dieu leur a fait en les aimant le premier, ils aiment tous « le premier », et trouvent dans cet amour – celui de Dieu et le leur – la force de la fidélité et de la stabilité. Ils espèrent aussi par-là être une boussole pour une humanité affolée que l’instabilité fondamentale conduit à la dispersion. »

Jean-Louis Courchesne, s.m.m.