Réflexion

VIGNES ET VIGNERONS

Pour produire un bon vin, il faut une bonne vigne qui accepte de se laisser réchauffer au soleil de Dieu. Il faut des sarments qui restent attachés à la vigne et s’offrent aux ciseaux du vigneron. Il faut évidemment des vignerons compétents et travailleurs qui aiment la vigne et leur métier. Après avoir fait ce qui dépend de lui, le bon vigneron sait attendre ce qui viendra de la nature.

Planter une vigne, vivre des fruits de la terre, tout comme mettre un enfant au monde, c’est vivre la belle aventure de la confiance, c’est concrètement un acte de foi. Et c’est cela au plus haut degré si nous accueillons la Parole d’aujourd’hui. Isaïe nous rappelle que cette vigne, c’est le Peuple de Dieu, c’est chacun et chacune de nous. Le Maître nous a donné tout ce qu’il faut pour grandir et porter du fruit. Nous arrive-t-il parfois d’oublier que la confiance de Dieu en nous est plus grande que la nôtre envers lui ? Dans notre vie personnelle et dans notre témoignage, quels fruits portons-nous ?

La parabole des vignerons homicides est sans doute la plus dure de l’Évangile. Des usurpateurs sont prêts à tuer le fils pour conforter leur illusion, bien éphémère, qu’ils pourront impunément prendre possession de la vigne de leur maître. Les chefs du peuple se reconnaissent bien dans les vignerons de la parabole. Pourtant, tout comme eux, ils vont interpréter le silence de Dieu comme son absence et, ne tirant aucune leçon de l’avertissement de Jésus, ils poursuivront avec une fureur aveugle leur projet en éliminant le Fils qui, cette fois, est le Fils même de Dieu venu les sauver.

De la parabole, nous pouvons tirer des questions, sinon des leçons, pour nous aujourd’hui. Comment vivons-nous dans ce monde où le silence de Dieu est souvent confondu avec son absence, dans une société qui prend parfois des décisions vitales comme si nous étions les auteurs et les propriétaires et non pas les dépositaires de la création et de la vie humaine ?

Oui, nous sommes la vigne dont le Seigneur attend beaucoup. L’Évangile nous rappelle que nous sommes aussi vignerons, responsables chacun à notre manière d’aider les autres à porter du fruit. Remplir ce rôle avec dévouement et amour, cela aussi est un beau fruit que le Grand Vigneron espère de nous avec confiance.

Jean-Louis Courchesne, s.m.m.