PRIÈRE DE DEMANDE’ ACTE DE VÉRITÉ
Aujourd’hui, l’Évangile nous rapporte la marche de Pierre sur les eaux et ce qui paraît être le naufrage de sa foi. Son aventure me rappelle mes débuts en natation. Je descendais vers le large non pas en marchant sur les eaux mais au fond. La pente était moins douce que je l’imaginais et j’ai perdu pied. Me voilà submergé ne sachant comment reprendre le contrôle ! J’ai réussi à crier : « Je coule !». Un compagnon m’avait vu en train de disparaître et, heureusement, il était bon nageur. Il m’a crié : « Respire !» et m’a lancé une serviette qu’il est venu saisir pour me remorquer vers le rivage sans trop de difficultés car j’avais appris que dans ce cas il faut ne pas bouger et se laisser faire en toute confiance. J’en ai été quitte pour un bon bouillon.
Pierre crie vers Jésus. Quand on coule, l’orgueil ne compte plus. Mais faut-il en être rendu là pour juger nécessaire une prière de demande ? A-t-on peu l’air fou si l’on crie vers Dieu ? Quand Pierre a-t-il le mieux montré sa foi ? Quand il a marché sur les eaux ou quand il a crié ? Jésus lui reproche d’avoir douté au premier mouvement de l’eau et l’a saisi dès qu’il a crié.
La prière de demande inclut un regard de vérité sur nous-mêmes. Elle nous rappelle que l’humilité est essentielle à toute relation avec Dieu. C’est ce que le prophète Élie et Paul ont dû découvrir à leurs dépens. La première lecture nous montre Élie qui a peur. Il venait de prétendre sauver l’honneur de Dieu en faisant massacrer quatre cents prêtres de Baal après s’être bien moqué d’eux. Avant d’être l’homme sensible et attachant que nous montre la deuxième lecture, Paul avait persécuté avec acharnement ceux qu’il croyait être les membres d’une nouvelle secte qu’il fallait éliminer. Qui étaient Élie et Paul pour prétendre sauver Dieu ? Qui était Pierre pour dire à Jésus : « Moi, je ne t’abandonnerai jamais !» Notre prière et notre action doivent être à l’image de Dieu, le Tout-Puissant qui agit avec discrétion et en douceur. Il n’est pas dans le spectaculaire mais dans la brise légère. Pierre pensait avoir la foi en partageant le pouvoir divin de marcher sur les eaux ; c’est dans l’humilité d’une main tendue qu’il le rencontre.
Jean-Louis Courchesne, s.m.m.
