UNE NUÉE VINT LE SOUSTRAIRE À LEURS YEUX (Ac 1)
Jésus ressuscité était le même qu’avant sa résurrection et pourtant tout différent. C’est ce que nous retenons des récits évangéliques depuis la découverte du tombeau vide jusqu’à son ascension. Après plusieurs apparitions, ses disciples ne le reconnaissent pas ; il leur arrive même d’en avoir peur ! Et quand ils le reconnaissent enfin, ils sont tout heureux. Pourtant, la démarche de reconnaissance semble à recommencer la fois suivante. Que leur arrive-t-il ? Après la résurrection de Jésus, ils ont dû apprendre à le reconnaître comme nous le faisons : par la foi. Gardant évidemment la mémoire du Jésus qu’ils avaient vu, touché et entendu, ils font l’expérience de sa nouvelle présence en rejoignant ceux qui croient sans avoir vu. Et, même parmi eux, certains ont des doutes, comme nous le dit l’Évangile d’aujourd’hui. Le récit de l’ascension consacre leur compréhension de l’absence physique de Jésus et de cette nouvelle présence, qui se manifestera par l’Esprit qu’il avait promis.
« Ils retournèrent à Jérusalem remplis de joie. » Ils avaient saisi que le monde nouveau promis par Dieu était né avec la venue de son Fils et que le salut qu’il apportait dépassait leurs attentes, en commençant par leur idée même de Dieu. Jésus-Christ, Fils de Dieu, est présent pour toujours dans le monde, d’une présence que personne ne pourra nous enlever. En lui, Dieu est avec nous sans limite de temps ni de lieu. Que nous soyons en groupe ou seul, en exil, ou dans notre chambre, le Seigneur est là. Il habite même notre coeur.
« Est-ce maintenant que tu vas restaurer la royauté en Israël ? La réponse de Jésus est dans son départ. Mais il n’abandonne pas le monde : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps… Vous serez mes témoins. » Nous le savons, c’est à ses disciples qu’il a confié la réalisation de sa mission. Grâce aux dons de l’Esprit, chaque disciple, chacun de nous donc, est appelé, au coeur de ses tâches quotidiennes, à construire le royaume, pas celui dont trop d’Israélites rêvaient, mais celui de Jésus, royaume universel, basé sur le respect de la vie, la vérité, la justice, l’amour et la paix.
Voilà la mission que Jésus nous délègue avec confiance durant le temps de l’Église, en attendant son retour.
Jean-Louis Courschesne, s.m.m.
