AU PIED DE LA CROIX DU ROI
Près de la croix de Jésus, il y a la foule, muette et découragée. Elle ne comprend pas. Comme trop de gens de toutes les époques, elle croit qu’il n’y a pas de justice pour le « monde ordinaire ».
Il y a les chefs et autres ennemis de Jésus. Ils ricanent et se moquent de lui. Leur haine le poursuit jusque dans la mort. Il y a les soldats et le mauvais larron qui provoquent Jésus en l’invitant à prouver sa royauté. Il y a le bon larron, le seul à dénoncer la condamnation injuste de Jésus, le seul à pouvoir accueillir sa miséricorde, le seul à qui Jésus répond.
Et nous, devant Jésus en croix, ne sommes-nous pas selon les jours chacun de ces personnages ? Qui peut dire qu’il croit sans se poser de questions à un roi qui se laisse conduire si facilement au Calvaire ? Comme la foule, ne nous arrive-t-il pas de nous sentir abandonnés par un Dieu qui pourrait faire des miracles, guérir nos maladies, régler les problèmes de ceux qui souffrent de tout dans le monde ?
Comme les ennemis de Jésus, comme les soldats et le mauvais larron, ne sommes-nous pas parfois tentés de provoquer la puissance de Dieu : « Si tu es Dieu, pourquoi ne le montres-tu pas par un bon miracle ? Ce serait clair pour tout le monde ! En attendant, regarde de quoi nous avons l’air, nous, les sujets d’un roi qui se meurt sur une croix !» C’est, consciemment ou non, cachés derrière ces questions que trop de gens se ferment au projet de Dieu en refusant le mystère de la croix. La seule attitude devant notre Roi crucifié, c’est la foi ! C’est de croire qu’au-delà de la croix et de la mort, il y a la puissance de la résurrection. Et cela, quel autre roi peut le promettre et le réaliser ? La seule chose à faire est de nous joindre à la prière du bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi ! Souviens-toi de nous !» Comme Marie et Jean, qui sont là aussi, contemplons avec foi Celui dont la royauté n’est pas de ce monde, le Roi qui nous aime au point de nous donner sa vie et qui nous invite à faire de même pour construire avec lui le Royaume du bonheur éternel. »
Jean-Louis Courchesne, s.m.m.
