Réflexion

LA LOI ET L’AMOUR

Les lois encadrent la vie de toute société. Plusieurs d’entre elles vont jusqu’à nous protéger contre notre propre témérité et nos imprudences. Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais entendu quelqu’un proclamer qu’il aimait la loi. On obéit parce qu’on juge qu’elle est utile ou parce qu’il le faut, c’est tout !

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous rappelle que la loi de Dieu est tout autre. Il nous l’a donnée pour nous aider à grandir, à nous dépasser nous-mêmes car elle n’est pas destinée à des robots mais à ses enfants qu’il aime.

 Les scribes et les pharisiens prétendaient aimer la loi. Quand Jésus est en opposition avec eux, c’est souvent sur ce point. Il leur fait remarquer que ce n’est pas la loi qu’ils aiment, mais plutôt leur performance à l’observer selon des balises qu’ils ont eux-mêmes définies, une performance qui les rend ridiculement orgueilleux. Ils obéissent sans essayer de saisir le sens de ce qu’ils font.

Pour Jésus, observer la loi de Dieu, ce n’est pas d’abord faire ou ne pas faire des choses, c’est vivre avec un coeur ajusté à Dieu. C’est ne jamais se contenter d’un minimum qu’on estime suffisant pour être en bons termes avec Dieu, mais chercher comment lui plaire davantage. C’est faire appel à notre créativité pour lui prouver notre amour.

Jésus reconnaît les efforts des scribes et des pharisiens, mais il leur reproche de se croire parfaits alors que la perfection est dans l’amour, et ils en sont bien loin.

Accomplir pleinement la loi, c’est dépasser la justice minimale des hommes pour s’ajuster à celle de Dieu. C’est dépasser le « Tu ne tueras pas » et éviter la parole qui tue et l’insulte ou l’abus qui détruit. C’est dépasser le « Tu ne commettras pas l’adultère » en n’offrant aucune prise au désir malsain et en ne jouant pas avec le feu. C’est remplacer les serments inutiles par la fidélité à la parole donnée.

 C’est dans notre coeur que la loi s’accomplit pleinement. Elle n’est donc pas une entrave à notre liberté, mais plutôt une invitation à l’exercer avec la créativité de l’amour. Quand je considère ce que Dieu attend de moi, quand je regarde les frères et soeurs qu’il met sur ma route, que vais-je inventer pour répondre à son amour ?

 Jean-Louis Courchesne, s.m.m.