Réflexion

SEIGNEUR, RESTE AVEC NOUS !

Où se trouvait Emmaüs ? On se perd en conjectures : personne ne peut vraiment localiser ce lieu. L’essentiel à retenir, c’est évidemment la rencontre qu’ont faite les deux disciples sur la route qui y conduisait et sa conclusion inespérée autour de la table où ils avaient invité Jésus. Ce récit nous rappelle que toutes nos routes peuvent devenir des chemins d’Emmaüs où le Seigneur nous rejoint et nous accompagne, des lieux dont nous pouvons dire : « Nos cœurs n’y étaient-ils pas tout brûlants ?»

S’il nous arrive d’avoir perdu le sentiment de lumière et de chaleur, si nos cœurs ne sont plus enflammés par la présence de Dieu quand nous entendons l’Évangile, si notre chemin semble lamentable et terne, si nous avons l’impression d’aller nulle part et surtout, bien avant ça, simplement dans notre cheminement de foi de tous les jours, ouvrons les yeux : Jésus est là ; il n’attend qu’à être invité comme compagnon de route.

Grâce à la rencontre de Celui qui leur explique l’Écriture et leur partage le Pain, les disciples vivent une transformation radicale : ils passent de la surdité à l’écoute, de la désillusion à l’espérance, de la solitude à la communauté, du sentiment de l’échec à la certitude de la résurrection, de la démission à la mission. Bref, ils ne se reconnaissent plus!

De marcheurs désabusés, les deux disciples deviennent pèlerins. C’est le coeur brûlant qu’ils refont la route vers Jérusalem pour témoigner devant la communauté. Eux aussi sont ressuscités. Qu’est-ce qui les a sauvés ? En invitant cet inconnu, ils ont hérité de la foi. Le chemin d’Emmaüs, c’est celui de notre marche, ici et maintenant. Nous avons nos désillusions. Il nous arrive de douter. Nous sommes parfois tentés de quitter la communauté et de marcher seuls. Jésus sait tout cela. Si nous lui permettons de nous rejoindre et de marcher avec nous, si nous le laissons nous expliquer les Écritures, nous redécouvrirons le sens de notre vie ; si nous lui préparons la table, nous le reconnaîtrons à la fraction du Pain. N’est-ce pas ce que nous venons vivre à chaque Eucharistie ? Alors, comme les deux disciples, nous pouvons repartir, le coeur tout brûlant, réchauffer celui des frères et soeurs qui nous attendent sur la route.

Jean-Louis Courchesne, s.m.m.