FAIRE LA JOIE DE DIEU
Comme ce fut longtemps l’usage, j’ai été baptisé le jour-même de ma naissance. L’Église arrivait alors au terme d’une polémique vieille de quinze siècles au sujet du sort des enfants morts sans être baptisés. La polémique s’est estompée peu à peu : le mot « limbes » est absent des documents de Vatican II. En 2007, le pape Benoît XVI déclarait que « l’hypothèse de l’existence des limbes peut être abandonnée sans problème de foi », l’amour de Dieu surpasse en créativité les solutions que peut imaginer l’esprit humain. En cherchant une réponse logique à la question, on a sans doute longtemps oublié que les secrets de Dieu sont ceux d’un Père qui aime. Celui qui a dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » pourrait-il, sans qu’ils n’aient jamais rien fait de mal, les priver pour toujours de sa présence ?
Dans les faits, la préparation au baptême et le rituel de sa célébration dans la langue du peuple ont, depuis Vatican II, grandement contribué à faire redécouvrir le sens premier de ce sacrement. Bien plus qu’un remède à une mystérieuse faute qui nous marque tous, il est une déclaration d’amour et un acte d’adoption. Dieu nous prend pour ses enfants. Nous sommes ses héritiers avec Jésus.
« Voici mon enfant bien-aimé en qui je trouve ma joie. » C’est ce que le Père nous a déclaré quand nos parents nous ont présentés au baptême. Nous sommes les enfants bien-aimés du Père. Que faisons-nous pour être toute sa joie ? Jésus l’a fait en réalisant jusqu’à la croix la mission que le Père lui avait confiée.
Notre baptême fait partie de notre identité : nous sommes enfants de Dieu, membres de sa famille. Et, rappelons-nous : à notre baptême, on n’a pas d’abord fait des signes sur nous, on a fait de nous les signes et les instruments de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. Comment le sommes-nous ? C’est ce que rappelle l’officiant lors du baptême en s’adressant au baptisé : « Avec Jésus, tu es prêtre, prophète et roi. » Tout baptisé est prêtre par l’offrande de sa vie à Dieu ; il est prophète par son annonce de la Parole de Dieu en actes et en paroles ; il est roi, à la suite de Jésus qui renonce à l’avoir, au pouvoir et à la gloire et prend humblement le chemin du service et de la croix pour construire le Royaume. Baptisés, voilà notre mission
Jean-Louis Courchesne, s.m.m.
