Réflexion

LA SAMARITAINE, PAS SI ÉTRANGÈRE QUE ÇA…

Il n’y a sans doute jamais eu autant de promesses de bonheur qu’aujourd’hui et plus de moyens proposés pour y arriver. Pourtant, l’humanité ne s’est peut-être jamais autant sentie en état de manque. Elle ne sait pas trop de quoi elle a soif ; le rythme qu’on impose à la vie et le martèlement de la publicité l’empêchent d’y réfléchir. Les désirs profonds sont étouffés par la tendance actuelle à mettre à peu près toutes les valeurs sur le même pied. Comment désirer un Absolu qu’on ignore ? Comment vivre en profondeur si l’on ne peut rejoindre Celui pour qui nous sommes faits ? Même les gens qui semblent tout avoir désirent toujours plus.

Ce que nous choisissons pour assouvir nos soifs est à l’image de nos croustilles salées qui nous invitent à prendre une boisson sucrée qui nous donne le goût de reprendre le sac de croustilles. Tout a semblé avoir bon goût mais on n’a rien gagné, on a tourné en rond et, pour plusieurs, la santé s’en porte moins bien.

Aujourd’hui, nous voyons Jésus aider la samaritaine à voir clair au fond d’elle-même. Elle en a assez de la monotonie, de la répétition des mêmes gestes insignifiants. Sa vie est un désert où se succèdent les mirages comme ses cinq maris qui n’ont en rien comblé sa soif d’amour.

Le Carême nous invite à faire un voyage au coeur de notre être profond. Quels désirs y découvrons-nous ? À quels puits allons-nous pour les combler ? Nous avons une longueur d’avance sur la samaritaine ; en effet, nous savons, comme Paul nous le rappelle, que « l’amour de Dieu a été répandue en nos cœurs ». Il nous faut raviver la source d’eau vive de notre baptême. Au puits de Jacob, la samaritaine découvre en Jésus celui qui comblera ses désirs profonds et redonnera un sens à sa vie. C’est parce qu’elle a laissé Jésus lui parler au coeur que sa vie en sera changée. Si nous voulons combler nos désirs profonds, laissons Jésus nous rencontrer intimement et nous interroger. Donnons-lui l’occasion de nous dire son amour et de nous toucher. Parlons-lui de nos manques et de nos désirs profonds car c’est ce qu’il vient combler. Prions-le : « Seigneur, donne-nous de cette eau-là, toujours !»

Jean-Louis Courchesne, s.m.m.