LE VRAI TRÉSOR
À l’aube de l’adolescence, je passais de l’école primaire au petit séminaire des montfortains. Tout était évidemment nouveau et différent. C’était le début du reste de ma vie, je volais de mes propres ailes, les parents et la famille étaient à 250 kilomètres. Bien sûr, quand l’ennui me prit, je m’en voulu d’avoir été fier d’être si loin !
Quoi qu’il en soit, après quelques jours nous avons eu droit à une retraite prêchée par le bon Père Deschamps qui prit comme thème l’Évangile d’aujourd’hui. Il était convaincant car je m’en souviens encore. Bien connaître Jésus, c’est avoir trouvé le trésor et c’est là, la vraie sagesse. Du haut de mes treize ans je me voyais, comme Salomon, en possession du trésor et, bien naïvement, j’imaginais sa conservation facile et assurée. La vie m’a appris que je suis bien fragile pour porter ce trésor et, soixante-dix ans plus tard, je n’ai pas fini de le découvrir.
Le vrai trésor, je le trouve en cherchant la Sagesse de Dieu. Mais la sagesse du monde me fait miroiter tant d’autres trésors que je peux m’y méprendre. La Sagesse de Dieu, c’est celle qui nous guide dans nos choix, qui fait garder le bon et rejeter le mauvais, comme dans le tri des poissons pris dans le filet dont Jésus nous parle aujourd’hui. Tout choix exige des ruptures, parfois douloureuses, souvent permanentes, comme quand on choisit la Sagesse de Dieu. C’est ce que Salomon finit par oublier.
« Qui a trouvé un ami a trouvé un trésor » (Ben Sira 6, 14). Un matin, je dis à Jésus : « Tu es mon meilleur ami, et pourtant le seul que je n’ai jamais vu ni entendu !» J’ose lui attribuer ce que j’ai compris depuis : « Les gens cherchent un trésor pour le posséder et se laissent trop souvent posséder par lui. Ils deviennent les esclaves de l’argent et de tout ce qu’ils possèdent. Moi, je suis le seul trésor qu’on peut posséder sans se perdre, le seul qui peut posséder et même sauver celui qui le trouve. N’es-tu pas ma possession, toi qui, chaque matin me dis : Je suis à toi, je remets ce nouveau jour entre tes mains ? Oui, tu le sais, le vrai Trésor, c’est moi. Si tu espères, c’est que tu l’as déjà trouvé. Pour le posséder totalement et éternellement, aujourd’hui, garde sur moi les yeux de la foi bien ouverts !»
Jean-Louis Courchesne, s.m.m.
