Baptême de Jésus – C – 11 janvier 2004
Isaïe 40, 1-5.9-11 _ Tite 2, 11-14;3,4-7 _ Luc 3, 15-16.21-22

Homéliste : Georges Madore, s.m.m.


Après le tourbillon des FÊTES...
    Bien du monde au souper de Noël, À la veille du Jour de l'An, au souper du Jour de l'An, et le lendemain, tout seul, tranquille...
    Dans l'Évangile: bien du monde autour du bébé-Jésus: des anges, des bergers, des mages...
    Puis, dans saint Luc, c'est comme si tous les personnages disparaissent ou sont plongés dans la noirceur: Joseph et Marie, les anges, les bergers, tout le monde disparaît. Le dernier à disparaître, c'est Jean-Baptiste qui est là, le bras étendu, nous disant: « C'est lui ».

Et pourtant, il n'est pas seul...
    Oups, les lumières rallument, et on découvre que Jésus n'est pas seul. Autour de lui: le peuple, la foule, des hommes et des femmes ordinaires, qui se sentent loin de Dieu et qui sont venus se faire baptiser. Jésus ne les méprise pas, ne les sermonne pas, ne les rejette pas. Il les rejoint; il se mêle à la foule. Il nous dit: « Je suis l'un de vous; je suis avec vous. C'est avec vous que je vais marcher, rire, souffrir, mourir, Être homme! »

    Et puis, il se met en prière; il entre en lui-même; il essaie de découvrir qui il est; il s'ouvre à  Dieu. Et Dieu répond à sa prière: le ciel s'ouvre. Le PÈRE et l'Esprit sont avec lui. Mais n'oublions pas: Jésus s'est mêlé à la foule. Il est avec nous. Ça veut dire que... toute la Trinité est avec nous; toute la trinité est à l'Œuvre en Jésus.

L'Œuvre de Dieu
    Mais alors, c'est quoi l'Œuvre de Dieu? Avant que le monde ne soit créé, que faisait Dieu? L'Évangile nous le dit: L'Œuvre de Dieu, c'est d'aimer! Éternellement, le PÈRE, le Fils et l'Esprit s'occupent à aimer. Tel est leur Être, leur mystère, leur Œuvre. Quand nous disons: « Que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel », nous demandons à Dieu: « Viens nous apprendre à aimer, à Être à l'Œuvre comme toi.
« C'est toi mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis tout mon amour. » Voilà l'Œuvre de Dieu: c'est de créer entre Dieu et nous le grand amour. Est-ce que ça existe, le grand amour? Entre nous, on peut en douter.  Voici un texte que Stéphane Laporte a écrit dans une chronique publiée à l'occasion de la St-Valentin.


‘Je t'aimerai toujours'. C'est ce que j'avais écrit, l'année dernière, dans le valentin  de Titi. Je t'aimerai toujours. C'est ce qu'elle avait écrit, elle aussi, dans le mien. Toujours a duré dix mois. On n'est plus ensemble depuis la fin de l'automne. C'est la vie. Trois ans et demi de notre vie. Évanouis.

C'est sûr, on s'aime encore beaucoup. Mais beaucoup, c'est pas assez, quand on veut aimer toujours. Toujours, ça signifie toujours autant. Toujours plus. J'aurais bien aimé que Titi et moi, on s'aime toujours. On n'a pas réussi. Mais toutes les secondes où  on y a cru ne sont pas perdues. Elles font à  jamais partie des beaux souvenirs que je garde dans mon coeur. On ne s'est pas aimés toujours, mais on s'est aimés assez pour laisser à  jamais à  l'autre une tendresse qui durera toujours. Ça, c'est sûr.

On n'est pas les seuls à ne pas avoir tenu notre pari. On est comme la plupart des gens. C'est pas facile aimer toujours. C'est long, toujours. C'est beaucoup de jours, toujours. Mais c'est tellement beau à dire. Je t'aimerai toujours. Tellement beau à rêver. C'est la seule façon d'aimer. Quand on aime quelqu'un, il faut, un jour, une heure, une seconde, croire que ce sera pour toujours. MÊME si c'est rarement le cas.

J'ai 38 ans et je n'ai pas encore réussi à aimer quelqu'un toujours. Ni à Être aimé par quelqu'un pour toujours. Pourtant le soir, quand je m'endors, tout seul dans mon lit, j'y crois encore. MÊME si ça semble impossible. Complètement fou. Complètement dingue. MÊME s'il y a une chance sur trois milliards pour que ça m'arrive. C'est tout ce que je veux. C'est tout ce que je désire.

Parce qu'au fil des amours échouées, je commence, de plus en plus, B savoir ce que ça veut vraiment dire, je t'aimerai toujours. Et je trouve ça trop merveilleux pour ne pas avoir la chance de le vivre.

[...] En ce matin de la Saint-Valentin, je ne vous souhaite qu'une chose, c'est de vouloir écrire B quelqu'un: je t'aimerai toujours.
Stéphane Laporte, chroniques du dimanche, éditions La Presse, 2003, pages 48-51)

    Ça existe le grand amour; ça existe en Dieu, et ça peut exister en nous. Il suffit d'y croire! Il suffit d'accueillir le Christ, d'unir mon destin au sien, de faire un avec lui, d'Être plongé dans ce qu'il est, et je serai plongé dans le grand amour qu'il est avec le PÈRE et l'Esprit, avec tous les hommes.

Le sens de notre baptême
    Tel est le sens de notre baptême. Saint Paul nous disait: « par sa miséricorde (éléos), il nous a sauvés par un bain (loutros) de re-naissance (palin-genesias) et de renouvellement dans l'Esprit saint. Par le baptême, nous entrons dans l'éternelle naissance du Fils, sa naissance du PÈRE dans l'Esprit. Nous entrons dans l'amour pour toujours.

Baptême de Mathilde
    Je vous présente Mathilde, fille de Michel et Michaëlle, elle a été baptisée le 23 novembre 2003. On a voulu qu'à son baptême, ses petits frères et ses cousins participent: ils ont apporté l'eau des fonds baptismaux, ont allumé des chandelles... Comme Jésus, Mathilde fait partie d'une famille qu'elle aura à aimer.
    Mais aussi, Mathilde a été plongée dans les eaux du baptême, dans le bain de nouvelle naissance. Dieu lui a dit: « Mathilde, en mon fils Jésus, je déclare que tu es ma fille; en toi j'ai mis tout mon amour. »

Mathilde est promise au grand amour...
Rendons grâce pour le grand amour qui nous est révélé. Prions pour les enfants qui seront baptisés en 2004, pour leurs parents, pour les catéchètes qui auront à les préparer. C'est grand le baptême, c'est le début d'un grand amour...



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