La sainte
Famille ( A)
Si 3 : 1-6.12-14
Col. 3 : 12-21
Mt. 2 : 13-15.19-23
En ce dimanche après la sainte Nuit de
Noël, ce n'est plus l'étonnement
émerveillé de la naissance virginal de
Jésus, l'Emmanuel " Dieu avec nous " mais ce que la Parole de
Dieu nous présente, c'est le quotidien d'une famille, dans
l'existence de chaque jour.
Le tableau à l'arrière de l'autel,
représente quelques détails de la vie de la sainte
famille, la naissance de l'enfant Jésus, la visite des mages,
mais l'étape la plus importante, n'est pas
représentée sur le tableau, même les
évangiles n'en parlent pas, sinon par leur silence complet.
Quelle est cette période ? C'est l'étape des
années cachées, l'étape qui comprend l'adolescence
de Jésus jusqu'au début de sa vie publique, avec le
baptême de Jésus illustré sur ce tableau, une
période d'au moins vingt ans passés en famille et si nous
ajoutons la période de l'enfance, une trentaine d'années
passées en famille.
C'était une famille ordinaire, avec des activités
ordinaires, avec une maison ordinaire, des vêtements ordinaires,
une famille qui faisait des achats, qui rencontrait des personnes, qui
s'intéressait aux nouvelles du jour, une famille avec un
père qui fait un travail ordinaire, et une mère qui fait
la besogne ordinaire de toute mère et toute épouse,
avec un enfant qui s'amuse avec des jeux ordinaires, une famille
qui célébrait la joie des noces et aussi la
tristesse des funérailles.
Ce n'est qu'après la résurrection de Jésus que la
réflexion chrétienne peu à peu dans la foi va
découvrir l'extraordinaire de cette famille, surtout en
découvrant la divinité de Jésus.
La Sainte Famille, ce n'est pas une famille
angélique, une famille sans problème mais bien au
contraire, c'est une famille normale, humaine, bien ancrée
dans le concret des joies et des peines quotidiennes. Et c'est parce
qu'elle est ordinaire qu'elle est sainte.
L'évangile d'aujourd'hui nous place
directement dans le concret des évènements de
l'époque avec ce récit de la fuite en Égypte et du
retour de la sainte famille à Nazareth.
Joseph obéit à l'Ange du Seigneur: "
Lève-toi; prends l'enfant et sa mère, et fuis en
Égypte. " C'est le début d'un long
pèlerinage en exil dans un pays étranger et surtout un
long pèlerinage de foi.
La Sainte Famille traverse un désert, le
désert de l'inconnu, de l'imprévisible, le désert
des peurs et des inquiétudes.
Joseph est tout inquiet, il regarde par en
arrière, il a peur que l'ennemi le poursuivre
La Vierge Marie soutient dans ses bras maternels et protecteurs
l'enfant qui vient de naître.
L'enfant Jésus sans comprendre semble se demander par
intuition ce qui se passe. Il vibre aux émotions de peurs et
d'inquiétudes de ses parents.
Remarquons dans cette scène que Joseph et
Marie deviennent " sauveurs " de celui qui vient pour nous "
sauver " Jésus le Sauveur de l'humanité.
Cet évangile est encore malheureusement très actuel. Il
n'est pas seulement d'il y a 2000 ans,. C'est une page
d'évangile vécue à la lettre non pas seulement par
des milliers mais des millions de personnes exilées de leur pays
ou déplacées à cause des violences de la
guerre. Je pense à l'Irak, à la région du Darfour
au Soudan, à la République Démocratique du
Congo, au Rwanda et à d'autres pays encore.
Quel est le secret de cette famille
appelée " sainte " ?
En fait, ce sont trois secrets différents.
Quel est le premier secret ? C'est la mise en
pratique de la la Parole de Dieu.
Quelle est cette Parole? Celle
que propose saint Paul aux Colossiens dans la seconde lecture de
ce matin, parole qui s'adresse à chacun et chacune de nous.
( Col. 3 :12-21)
" Puisque vous avez été choisis par
Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien aimés,
revêtez votre cœur de tendresse et de bonté,
d'humilité, de douceur, de patience.
Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches
à vous faire...
Par-dessus tout cela qu'il y ait l'amour...vivez dans l'action de
grâce.
Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit
toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui
votre action de grâce à Dieu le Père "
Quel est le deuxième secret ? Celui de la
confiance en Dieu.
La Vierge
Marie fait confiance après avoir posé une question
à l'Ange de l'Annonciation " Comment cela se fera-t-il ? " La
réponse : " La Puissance du Très Haut te couvrira
de son ombre "
Joseph fait confiance : il prend
l'enfant et sa mère. L'expression est même
répétée quatre fois dans l'évangile
d'aujourd'hui. C'est une expression très significative. "
Prends avec toi l'enfant et sa mère " Cela veut dire :
Prends en charge Marie et Jésus, donne la paternité
légale à Jésus, donne-lui ton
hérédité et ton héritage.
Jésus fait confiance,
lui en obéissant à ses parents. " Il leur
était soumis...
Il progressait en sagesse et en taille, et en faveur auprès de
Dieu et auprès des hommes "
( Lc : 2 : 51-52) Ce sont les paroles de l'évangile selon St Luc.
Quel est le troisième secret ?
C'est la fidélité.?
La
fidélité de Marie : " Quant à Marie elle
retenait tous ces évènements et les méditait dans
son cœur " Expression répétée deux fois dans
St Luc
( Lc : 2 :51, et 2 : 19 ) pour signifier que c'était l'attitude
habituelle de Marie, l'attitude de la femme sage, qui retient et
médite dans son cœur.
La
fidélité de Joseph. Il est l'homme juste. Le pourvoyeur
fidèle de la famille. Le charpentier qui apprend
fidèlement à Jésus son métier
d'homme. La
fidélité de Jésus, une fidélité
déterminé, forte, persévérante qu'à
la mort sur une croix. Je suis venu pour faire la volonté du
Père.
Voilà
les trois secrets de la sainteté dans le quotidien de nos vies :
écoute de la Parole de Dieu, confiance et fidélité.
Dans notre société
actuelle, la cellule familiale traverse une crise sans
précédent. Ce sont des familles éclatées ou
recomposées, des familles monoparentales, des unions libres, des
mariages homosexuels. Les journaux, la radio, la
télévision nous en parle tant et plus, quelquefois pour
déplorer une telle situation et quelquefois
malheureusement pour se réjouir de cette nouvelle liberté
mal comprise.
Comment ne pas penser
aujourd'hui à tous les enfants menacés même dans le
sein de leur mère par l'avortement !
Comment ne pas penser à
des milliers d'enfant menacés par la guerre,
déplacés avec leur famille, des enfants
sous-alimentés, des enfants qui manquent d'affection et d'amour,
des milliers d'enfants orphelins à cause de la mort de leurs
parents frappés du sida.
Que les grâces de cette
fête du mystère de la sainte Famille viennent
sauver ces personnes dans leur cheminement mystérieux, que
ces grâces viennent guérir les blessures causées
par la situation dans laquelle se trouvent toutes ces personnes!
Seigneur Jésus, tu es enraciné dans
une famille humaine, avec un père Joseph et une mère
Marie.
Regarde avec un regard de bonté, de
miséricorde toutes les familles brisées et dans
l'épreuve.
Viens guérir toutes les blessures des
tensions et des incompréhensions entre époux et
épouse, entre parents et adolescents et adolescentes, entre
frères et sœur.
Accorde-nous de comprendre et d'accepter les joies
et les exigences familiales.
Apprends-nous à veiller les uns sur les
autres et à nous soutenir au long des jours difficiles.
Seigneur Jésus, toi l'Emmanuel, le Dieu avec
nous, à la prière de la Vierge Marie, ta
mère et notre mère, à la prière de Joseph,
ton père nourricier et notre modèle, donne-nous la joie
d'une famille heureuse et épanouie.
Viens bénir de ton amour, de ta paix, nos
familles respectives.
Amen
Claude Sigouin, s.m.m.
Le 26 décembre 2004
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