Noël 2004
Je vous annonce une
grande nouvelle !
Homéliste: Gilles Dallaire, montfortain
"Je vous annonce un grande nouvelle! Aujourd'hui, vous est né un
Sauveur !"
- Voilà plus de 2000 ans que retentit ce cri des anges.
Un cri toujours nouveau.
Un cri que nous avons besoin d'entendre et de célébrer
chaque année, avec un coeur neuf, comme un espérance qui
se renouvelle sans
cesse.
Un cri toujours aussi vrai, toujours aussi nouveau. "Aujourd'hui,
proclament les anges, vous est né un Sauveur."
Voilà pourquoi nous sommes ici rassemblés, parce que le
chant des anges nous a réunis, comme les bergers.
Et nous avons pu entonner ensemble à la suite des anges: Gloire
à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes
qu'il aime.
Ce soir, il faut chanter. Car un Sauveur nous est né! Pour nous,
un Sauveur, aujourd'hui. Il faut chanter, car nous sommes
sauvés, aujourd'hui.
- Mais où est ce Sauveur ? Voici le signe, disent les anges:
"vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché
dans une mangeoire." Un enfant, sur la paille.
Voilà le signe: signe déconcertant. On aurait
cherché sans doute ailleurs le Sauveur du monde, dans un palais,
dans des vêtements de lin, entouré de
lumière.
Mais non, "vous trouverez un nouveau-né, emmailloté et
couché dans une mangeoire." Oui, quel signe déconcertant.
Seule l'ouverture de coeur à cette nouveauté peut lire le
signe,
Seule la foi suscitée par le joyeux message des anges peut
ouvrir les yeux,
Seule la simplicité des bergers peut permettre de
découvrir ce Sauveur,
couché, comme ils le sont eux-mêmes la plupart du temps,
sur de la paille, pauvre, démuni, dépendant, enfant
emmailloté, impuissant.
Voilà le Sauveur qui nous est annoncé encore aujourd'hui.
Un Sauveur déroutant, déconcertant. Un Sauveur qui sera
déconcertant jusqu'à la fin,
jusqu'à la croix.
- Mais pourquoi ce signe ? Pourquoi la paille ? Et voici que se
révèle le vrai Mystère de
Noël, qu'on peut résumer en deux courtes phrases.
Il a pris tout ce que nous sommes. Il nous a donné tout ce
qu'il est.
Il nous a tout pris, notre faiblesse, notre chair, notre monde, nos
espoirs, notre peur de la mort, nos efforts, tout, nos désirs de
vie sans fin. Il nous a tout pris, notre enfance, notre croissance,
notre âge adulte, notre mort. Il nous a tout pris, en
commençant par cette paille qui symbolise toutes nos
fragilités.
Et nous ayant tout pris, Il nous a tout donné. Tout ce qu'il
est. Car il est tout, et
nous donne tout: sa vie, son Père, son titre de Fils, son
héritage, sa vie sans fin qui devient la nôtre, son corps,
son sang, son pardon, sa Parole. Il nous a tout donné.
Voilà le Sauveur que nous annoncent les anges, un Sauveur qui
vient prendre notre humanité pour nous donner sa propre
divinité, comme nous le disons à l'offertoire:
"Puissions-nous être unis à la divinité de celui
qui a pris notre humanité."
- Alors nous apparaît le vrai sens de Noël.
Dieu a pris notre chair, oui.
Mais aussi: notre chair est en Dieu.
Notre chair, notre humanité est sauvée.
L'enfant nous révèle ce que nous sommes, la
beauté, la grandeur de la vie humaine, assumée par Dieu
lui-même, transformée et appelée à la vie de
Dieu.
Cet enfant nous fait enfants de Dieu.
Tel est le Sauveur qui nous est annoncé.
- Mystère d'un amour qui dépasse tout ce que
l'humanité pouvait imaginer.
Mystère de l'amour de Dieu. Amour déconcertant de Dieu.
Préparons nos coeurs à rendre grâce. Que jaillisse
en nous un chant de joie et d'action de grâces, que jaillisse la
musique et que jaillissent les sons des instruments.
Aujourd'hui, un Sauveur nous est né !
Préparons nos coeurs à l'accueillir chez nous. Venons le
contempler comme les bergers avec un coeur d'enfant, un coeur de pauvre.
Préparons nos coeurs à du nouveau. Aujourd'hui, Dieu fait
du nouveau en nos vies, en notre monde, aujourd'hui un Sauveur nous est
né.
Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
Paix sur la terre à cette humanité qu'il aime.
Que le chant des anges devienne vraiment le nôtre,
ce sera la preuve que nous avons vu le signe.
que nous avons compris.
Et, en nous approchant de l'enfant, après le message des anges,
écoutons le témoignage silencieux de Marie, de Joseph, et
celui des bergers.