Homélie pour le Jour de l'An 2011
Sainte Marie Mère de Dieu

Homéliste: p. Georges Madore, montfortain


C'est quoi un cadeau?
    Jadis, la tradition chez-nous était d'offrir les étrennes des Fêtes au Jour de l'An. Vous êtes-vous déjà demandé ce qui fait qu'un cadeau... est un cadeau? Quand est-ce qu'un objet devient cadeau?
Quand je le vois sur un rayon de magasin? Mais ce n'est alors qu'une marchandise.
Quand je l'achète? Ce n'est qu'une dépense qui apparaîtra sur mon relevé de carte de crédit.
Est-ce quand je l'emballe? N'est-il pas alors qu'un bel objet?
Non, un cadeau ne devient vraiment cadeau que lorsqu'il est reçu, accueilli, avec joie et reconnaissance.

Marie ouvre son cadeau...
    Il en est ainsi entre Dieu et nous. Voilà qu'il nous offre son Fils pour que chacun et chacune de nous puissent devenir ses enfants bien-aimés. Mais le cadeau de Dieu ne le devient vraiment que s'il est accueilli. Voilà où Marie apparaît: elle est, dans sa personne, l'humanité qui accueille Dieu. Elle dit oui à la venue du Fils de Dieu dans sa chair et dans son temps, dans notre chair et dans notre temps. L'Évangile nous dit que Marie «retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.» Cette méditation, c'était sa manière de développer le cadeau, de le recevoir pleinement, de s'en émerveiller.

    Il y a trois réalités qui viennent aider Marie à développer son cadeau.
    1. Les bergers, des pauvres, qui peuvent encore s'émerveiller; qui ne sont pas gâtés;
    2. Les  événements qu'elle ne comprend pas toujours, (elle est étonnée), mais qu'elle médite, pour percevoir la trace de Dieu dans ses événements;
    3. Une parole venue du ciel, mais reçue à travers la bouche des autres. Elle la médite, elle s'en nourrit.

Un cadeau pour nous aujourd'hui!
    Un autre cadeau nous est fait aujourd'hui (ouvrir la boîte de cadeau): une année toute neuve. 365 jours propres, propres, propres... Comme un cahier neuf de 365 pages. Comment vais-je le remplir?

– pour être heureux, on a jamais assez de temps;
– pour être triste, on a le temps qui se cherche;
– pour être aimé, on a le temps des autres;
– pour être seul, on a le temps qui attend;
– pour prier, on a le temps des anges;
– pour haïr, on a le temps qu'on perd;
– pour aimer, on a le temps qu'on prend!


    Ô Marie, apprends-nous à dire oui à Dieu qui se donne à nous. Fais-nous entrer dans ton oui entier et joyeux à sa venue dans notre chair et notre temps. C'est ainsi qu'il bénira chaque journée de l'année nouvelle.