Épiphanie 2009

Homéliste: Gilles Dallaire, montfortain


    Suivre l'étoile

- Les Évangiles de l'Enfance ressemblent quelquefois à des contes de fée, surtout celui que nous venons d'entendre pour la fête de l'Épiphanie: voici qu'apparaissent, venus de l'Orient, des personnages mystérieux, des mages, des rois, apportant des présents rares, de l'encens, de l'or, de la myrrhe. Ils traversent le grand désert d'Arabie. Ils apportent surtout une révélation, que personne n'avait vu à Jérusalem, ni les prêtres, ni le roi Hérode: nous venons nous prosterner devant le roi des Juifs qui vient de naître.

Et en plus, ils sont conduits par une étoile.
- De fait, il existait un peuple, du temps de Jésus, les Nabatéens, qui traversaient justement le désert, et apportaient au nord l'encens, les parfums... Leur capitale existe encore, en plein désert, Pétra, qu'on peut visiter aujourd'hui.

- Mais les mages de l'Évangile sont des rois, des savants. Ils sont conduits par une étoile. Voilà qui est mystérieux. Plus tard, on leur a donné des noms: Balthassar, Melkior, Gaspard.

- Je me souviens d'un professeur qui avait amené ses élèves dehors, en plein hiver, en pleine nuit, et leur avait dit: regardez les étoiles. Choisissez-en une. Et il avait chanté avec eux: le beau chant d'Angèle Arsenault: "Y'a une étoile pour vous, y'a une étoile pour chacun de nous." Il faut la trouver, parmi les millions d'étoiles du firmament.

- Les savants eux disent: c'est pas possible. Comment voulez-vous qu'une étoile bouge, qu'elle s'arrête au-dessus d'une maison. D'ailleurs, les autres ne la voyaient pas.

- Justement, ils mettent le doigt sur la vérité. L'étoile n'était pas dans le ciel, elle était dans le coeur. L'étoile qui guidait les mages était à l'intérieur.
Oui, il y a une étoile pour nous, mais elle est au-dedans. Il faut la trouver, au-dedans de nous. Il faut regarder à l'intérieur.

- On m'a remis la semaine dernière un beau texte de Jacques Salomé: "Ce que la vie m'a appris"... Je vous en lis quelques extraits... C'est en regardant à l'intérieur qu'il a découvert ce que la vie lui apportait.
- St-Augustin disait: "Seigneur, tu nous as faits pour toi, et notre coeur est sans repos tant qu'il ne t'a pas trouvé."

Oui, il y a une étoile en nous, pour faire de nous des mages, au début de cette année.
Il faut la découvrir: il y a un goût profond en moi, que j'aurais le désir de faire.
C'est mon étoile, pour me guider tout au cours de l'année. Il faut la découvrir: une libération à faire, une réconciliation à effectuer, une démarche que je repousse toujours: mon étoile. L'ordre que je retarde toujours, le ménage... elle a tous les noms.
- Si je la découvre, je deviens un mage, en chemin.
Un sage disait: il est plus facile de marcher que de s'arrêter. Quand on marche, on est guidé par un rêve; quand on s'arrête, on est face à la réalité. Alors il faut transformer la réalité en rêve.

- Au début de cette année, arrivent des mages de loin, guidés par une étoile, pour nous inviter à devenir des mages.

- Suivez l'étoile, qui est en vous. Elle vous conduira à la vraie Vie.
Les mages ont retrouvé l'étoile, ils ont été remplis de joie, ils se sont prosternés, et ils ont offert: de l'or à celui qui était roi, ce qu'ils avaient de plus précieux. De l'encens, leur prière, à celui qu'ils reconnaissaient comme leur Dieu; de la myrrhe, à l'immortel qu'ils reconnaissaient comme devenu mortel, comme eux, pour donner sa vie.
Suivez l'étoile qui est en vous. Et Bonne, heureuse et Sainte année. L'étoile vous conduira à la Vie.

- "Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube, mon âme a soif de toi, comme une terre asséchée, stérile." C'est un psaume. Tout au long de l'année, quand nous chanterons un refrain de psaume, dites-vous: c'est mon étoile. Suivez l'étoile.

- Il y a une étoile pour chacun de nous, qui guide, qui réchauffe, qui attire, qui met en marche. Quand on a découvert son étoile, on devient un mage.
Bonne, heureuse et sainte année à tous les mages.