Assomption
de la Vierge Marie ( 14 août )
( Marie, sœur déjà ressuscitée)
I Cor : 15 : 53-58)
Luc 11 : 27-28
Célébrer la fête de la glorieuse Assomption de
Marie, corps et âme, dans toute sa personne, comme notre sœur en
humanité déjà ressuscitée, c’est répondre à une question très
importante, que plusieurs d’entre nous se posent. Cette question est la
suivante : qu’est-ce qui se passe après la mort?
C’est une question qui se pose souvent. à l’occasion
d’une maladie sérieuse, ou encore à l’occasion d’un décès d’une
personne que nous aimons beaucoup.
Quelle est donc la réponse de notre foi ? Saint-Paul
nous la donne dans notre première lecture : « La mort a été
engloutie dans la victoire. Mort où est ta victoire ? Mort où est ton
aiguillon? » ou encore : « il faut en effet que notre être
corruptible revête l’incorruptibilité, et que notre être mortel, revête
l’immortalité » C’est
exactement, ce qui est arrivée à Marie dans son Assomption
glorieuse.
Quelle est cette victoire de la vie sur la mort ?
Il ne s’agit pas de la mort physique,
c’est une phénomène naturel. Il s’agit de la mort du péché détruisant
la vie spirituelle. Cette vie a été restauré par la victoire du Christ
sur le péché. Cette victoire, ce n’est pas les différents cycles de la
réincarnation, ce n’est pas l’immortalité de l’âme, ( une âme sans
corps n’existe pas) : Quelle est cette victoire ? C’est notre
résurrection éventuelle, corps et âme, c’est ce que
signifie le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.
En Marie, resplendit déjà la
victoire définitive du Christ sur la mort. Déjà, dès les premiers
instants de sa vie, elle était déjà la Toute Sainte, il convenait que
Marie à la fin de son séjour sur la terre soit notre sœur en humanité
déjà ressuscitée. Elle nous précède, elle nous entraîne à sa suite. En
elle , nous contemplons ce que nous serons après notre séjour terrestre.
Marie n’était pas une déesse quelconque,
mais une vraie femme, en chair et en os, une femme de la race humaine,
vivant selon les coutumes juives de l’époque, dans un contexte
social précis comme toutes les femmes de son village. Avant la
résurrection de son Fils, rien ne la distinguait de ses voisines. Elle
était une femme ordinaire de son temps. C’est avec son humanité comme
la nôtre que le Christ l’accueille dans la béatitude céleste
Qu’est-ce qui se passe après
notre mort? Selon la réponse de notre foi chrétienne, notre
vie n’est pas détruite mais transformée comme celle de Marie,
notre sœur en humanité. Notre vie ne finit pas dans une poignée de
poussière que nous mettons dans une urne, notre vie ne finit pas
dans la décomposition d’ un cadavre embaumé mais
notre vie comme celle de Marie, se termine dans un éternel bonheur,
dans le face à face avec Dieu, dans la solidarité et la communion de
tous les saints et saintes, dans la rencontre de tous les êtres aimés
dans notre vie terrestre.
Comme le disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus,
« Je ne meure pas, j’entre dans la vie » ou comme le disait
une autre Carmélite, « nous croyons que de l’autre coté un Amour
nous attend. » Les moines parlaient du « joyeux mourir ».
En contemplant Marie dans le mystère de son
Assomption glorieuse, je réalise avec elle, que la mort n’a pas le
dernier mot, que la mort n’est pas l’anéantissement ce que je suis dans
toute ma personnalité, corps et âme, mais que la mort est un passage à
la rencontre de l’Amour, à la rencontre du Christ qui me présente au
Père.
En Marie, je contemple l’image de ma destinée
future. Avec Marie, il y a beaucoup d’espoir, avec Marie, il y a de
l’avenir. En elle, je contemple la réalisation du bonheur promis. Je
contemple la grandeur de mon humanité, la dignité de mon corps .
Nous ressuscitons avec notre corps , non pas physique mais un corps
relationnel, avec tout ce que nous avons vécu dans nos relations
humaines interpersonnelles.
La mort n’est pas un arrêt, mais une continuation de
mes relations d’amour, d’amitié que j’ai cultivées sur la terre, des
relations vécus maintenant dans la communion des saints et des saintes.
En Marie, notre sœur déjà ressuscitée, je contemple
la victoire de l’espoir sur l’angoisse, la victoire de la communion
amoureuse avec Dieu, sur l’isolement, la solitude. En elle, je
contemple la victoire des perspectives éternelles, ouvertes sur
l’infini, au lieu de perspectives temporelles, matérielles, et
passagères..
Comment se préparer à la gloire de notre
résurrection future ?
C’est en prenant la Vierge Marie comme
notre inspiration quotidienne pour mieux vivre l’évangile de son Fils..
Jésus pouvait dire de sa mère avec
tressaillement de joie comme dans notre évangile du jours:
« Je te bénis, Père Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché
cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux
tout-petits » Qui mieux que Marie s’est faite « toute
petite » devant le Seigneur. Il a regardé l’humilité de sa servante
Qui mieux que Marie s’est mise à
l’écoute de la Parole de Dieu et surtout a mise en pratique cette
Parole?
C’est pourquoi le Christ déclare sa Mère
bienheureuse: « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole
de Dieu et qui l’observent »
A l’occasion de ce deuxième jour de notre
triduum en son honneur sur l’Assomption:
réjouissons-nous avec Marie.
En la regardant auprès du Christ dans le bonheur du ciel ,
faisons-lui cette prière :
« O Vierge de l’Assomption que
votre vision continuelle de Dieu remplisse notre mémoire de sa
présence, que votre contemplation sublime arrête les distractions de
nos imaginations vagabonde. O Vierge de l’Assomption, faites,
s’il se peut que je n’aie point d’autres esprit que le vôtre pour
connaître Jésus-Christ et ses divines volontés; que je n’aie point
d’autre âme que la vôtre pour louer et glorifier le Seigneur; que je
n’aie point d’autre cœur que le vôtre pour aimer Dieu d’un amour
passionné comme le vôtre. Amen. » ( S.M. 68)
Comme nous le prierons tout à l’heure au canon de la
messe, « sur nous tous enfin nous implorons ta bonté qu’avec
la Vierge Marie, la bienheureuse Mère de Dieu, avec les Apôtres, et les
saints et saintes de tous les temps qui ont vécu dans ton amitié,
que nous ayons part à la vie éternelle et que nous chantions ta louange
par Jésus-Christ ton Fils bien-aimé. »
Claude Sigouin smm
Sanctuaire, le 14 août 2009.