28e dimanche, année C
10 octobre 2010

Première lecture: second livre des rois 5, 14-17
Psaume 97
Deuxième lecture: saint Paul à Timothée 2, 8-13
Évangile: 17, 11-19


Action de grâce.

Homéliste: Jean-Guy Richer, montfortain



Récit évangélique: Luc 17, 11-19

17:11 Et il advint, comme il faisait route vers Jérusalem, qu'il passa aux confins de la Samarie et de la Galilée.
17:12 A son entrée dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et s'arrêtèrent à distance;
17:13 ils élevèrent la voix et dirent: "Jésus, Maître, aie pitié de nous."
17:14 A cette vue, il leur dit: "Allez vous montrer aux prêtres." Et il advint, comme ils y allaient, qu'ils furent purifiés.
17:15 L'un d'entre eux, voyant qu'il avait été purifié, revint sur ses pas en glorifiant Dieu à haute voix
17:16 et tomba sur la face aux pieds de Jésus, en le remerciant. Et c'était un Samaritain.
17:17 Prenant la parole, Jésus dit: "Est-ce que les dix n'ont pas été purifiés? Les neuf autres, où sont-ils?
17:18 Il ne s'est trouvé, pour revenir rendre gloire à Dieu, que cet étranger!"
17:19 Et il lui dit: "Relève-toi, va; ta foi t'a sauvé."

   
Et Jésus lui dit: "Relève-toi et va: ta foi t'a sauvé."
À chaque fois que nous nous présentons à Dieu, devant Lui, et particulièrement dans  une célébration eucharistique, nous aimerions partir avec cette Parole: "Va maintenant, ta foi t'a sauvé."
Je pense que tout être humain a besoin d'expérimenter la présence de Dieu, la proximité de Dieu; un Dieu qui guérit et qui sauve comme nous en parle les récits évangéliques.

Il y a quelques années, j'ai accompagné un pélerinage  «Sur les pas de Montfort» et nous avons visité une église très ancienne à Poitiers: Notre-Dame-de-la-Grande. J'avais été attiré par une inscription qui disait ceci: Cette église comme beaucoup d'autres est conçue comme l'image terrestre du monde céleste. Ici, la terre s'étale aux quatre horizons.
Ici, la coupole de la nef couronne le monde comme la voûte céleste. Ici, le ciet et la terre se rencontrent. Ici, le temps et l'espace s'entremêlent.  Dieu descend...  et l'être humain s'élève...

Quelle belle façon de parler de l'église où nous venons rencontrer Dieu. Et si on pouvait se redire cette réalité de la foi à chaque fois que nous entrons dans une église. C'est une invitation, c'est un appel.
Quelle belle façon de rappeller que Dieu nous attend «au présent». Qu'Il est là!
Mais ce n'est pas la foi de la majorité puisque nos églises sont désertées.

Quelques statistiques.
Les statistiques au Canada affirment que'environ 85% de la population canadienne croit à Dieu, croit qu'il existe. Mais en même temps, il y a 75% de ces mêmes personnes qui ne croient pas que Dieu peut faire quelque chose dans leur vie, peut les aider. On croit donc en un Dieu lointain, plus ou moins indifférent. Et pourtant nous avons besoin d'un Dieu qui se fait proche.
Quand je dis: "Je crois en Dieu", je dis aussi Je crois en ta bonté, je crois que tu peux faire quelque chose pour moi, dans ma vie.  Moi j'ai besoin de cette certitude que Dieu peut faire quelque chose pour moi et qu'il le fait.

Jésus l'affirme et le proclame.
Jésus est venu nous dire par une multitude de ‘signes' vers quelle direction regarder pour connaître et rencontrer Dieu. Et tous les signes qu'il nous a laissés: paroles, miracles, don de sa vie pointent vers un Dieu qui offre son Pardon, sa Miséricorde; une Parole qui sauve et qui guérit;  un Dieu de la Vie capable de nous aider à grandir, à croître, nous éclairer, nous guider, etc...

Voilà ce que Jésus dans l'Évangile a essayé de faire, pointer vers Dieu par ses gestes, ses miracles, par  sa vie toute entière.
Voilà ce qu'a compris le lépreux samaritain qui est revenu vers Jésus: la guérison de la lèpre lui fait rebrousser chemin et lui permet d'accéder à une foi plus personnelle et de rencontrer Dieu, en Jésus: le Dieu qui guérit et qui sauve.
Il vit une démarche de RECONNAISSANCE: reconnaître le bienfait accordé lui permet de reconnaître l'auteur de ce bienfait et l'auteur de tout don: Dieu source de tout bien.

Voilà aussi ce que nous voulons vivre dans chacune de nos liturgies, deux mille ans après. «Va ta foi t'a foi t'a sauvé.» continue à nous dire Jésus. Ta foi t'a donné la chance d'être pardonné. Ta foi t'a offert la possibilité d'être entendu et exaucé. Ta foi t'a offert la possibilité d'accueillir la lumière de sa Parole vivante.
On n'affirme pas assez souvent que Dieu est là avec nous pour nous ouvrir un chemin de bonheur. Non pas un bonheur superficiel et facile, non pas un bonheur au dépens des autres, non pas un bonheur replié sur soi-même.  Mais un bonheur solide qui nous fait communié à un Amour éternel, à une Vie éternelle, en profondeur et dans le temps.

Comment pourrions-nous ne pas être reconnaissant?
Etre reconnaissant, est une qualité humaine tellement importante. L'être humain reconnaissant sort de son égoïsme ou de son orgueil et se situe dans la richesse des relations humaines, dans la richesse des bienfaits reçus et partagés qui nous construisent comme être humain et qui nous permettent aussi d'apporter notre part dans l'humanité actuelle.

Etre reconnaissant, est une qualité de notre foi qui nous permet d'entrer dans une expérience de Dieu, expérience de Vie et d'Amour qui vont au-delà des limites et contingences humaines.
    La Liturgie rend présente pour nous l'Action de Dieu qui sauve et qui guérit.

3 démarches de notre foi, bien présentes dans le récit évangélique d'aujourd'hui et aussi présente dans nos liturgies.

- Recueillir une  Parole qui nous met en route. La foi anticipe le bien attendu et nous fait acteur - participant de l'Action de Dieu pour nous AUJOURD'HUI.
- Reconnaître le ou les dons  reçus. La foi doit  nous amener à porter un regard différent sur les événements, les situations de notre vie pour y reconnaître les signes de Dieu.
- Reconnaître Dieu, source de tous bienfaits.  La foi qui nous a mis en route, nous conduit aussi à  rendre grâce à Dieu et aide à devenir un être reconnaissant. Reconnaître Dieu et vivre une relation avec LUI.

    Chaque dimanche - en particulier - nous permet cette démarche de FOI.
   
Jean-Guy Richer
prêtre montfortain