5ième dimanche ordinaire ( B)
Job 7, 1-4.6-7
1 Cor. 9,16-22-23
Mc. 1,29-39
Homéliste: Claude Sigouin, montfortain



Nous célébrons aujourd’hui le 5ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique.
Le mot « ordinaire » dans ce contexte ne veut pas dire un temps banal, sans importance, Le temps « ordinaire » est l’opposé du temps particulier ou spécial dans la vie du Christ comme par exemple, le temps du carême Dans le temps liturgique ordinaire, ce n’est pas une partie de la vie du Christ, mais l’ensemble de sa vie que nous contemplons et célébrons.
Le texte de l’évangile selon saint Marc que nous venons de proclamer illustre très bien le mystère d’une journée normale et ordinaire du Christ., soit le matin, soit durant la journée, et soit durant le soir.
Quelles sont les activités ordinaires de Jésus au matin?
Évidemment, la priorité est donné à la prière. « Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là, il priait. »
Quelle est cette prière de Jésus ? Certainement une prière adressé au Père, source de toute l’activité amoureuse de Jésus, une prière que plus tard Jésus enseignera à ses disciples, le « Notre Père ».
C’est aussi une prière de louange, d’action de grâce, une prière d’intercession pour toutes les personnes que Jésus va rencontrer durant la journée.
C’est une prière personnelle mais aussi une prière communautaire. Remarquons qu’au début de notre récit Jésus quittait la synagogue de Capharnaüm, lieu de prière avec la communauté des croyants et croyantes surtout avec le chant de la prière des psaumes. Jésus entrait souvent dans les synagogues pour une lecture priante de la Parole de Dieu ou pour en écouter un commentaire ou pour lui-même en faire un commentaire.
En ce qui nous concerne , à l’exemple de Jésus, quelle est la fréquence et la qualité de nos prières quotidiennes personnelles ? Cherchons-nous des endroits de silence ? Quelle la fréquence de nos prières avec la communauté chrétienne ? Combien de temps par jour, consacrons-nous à la lecture et la méditation priante de la Parole de Dieu.?
Quelles sont les activités ordinaires de Jésus durant la journée ?
Il proclame la Bonne Nouvelle. « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle; car c’est pour cela que je suis sorti. » L’expression, « je suis sorti » veut dire que le Christ est l’envoyé du Père. Il sort du Père.
Jésus proclame ainsi sa divinité, son origine. Il proclame qu’il est donné au monde par amour et qu’il est lui-même l’amour du Père et de l’Esprit.
Quelle est la Bonne Nouvelle qu’il proclame ? C’est la venue du royaume de Dieu, un royaume d’amour, de justice, de paix.
Cette Bonne Nouvelle se résume dans un seul mot : l’ Amour., un amour affectif et effectif en notre faveur, un amour qui donne, qui se donne, un amour qui pardonne.
En ce qui nous concerne, à l’exemple de Jésus, nos activités quotidiennes sont elles une Bonne Nouvelle pour ceux et celles qui nous entourent.? Est-ce que nous pouvons dire comme saint Paul dans notre deuxième lecture « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile? »
Quelle est la qualité de notre amour ? Est-ce que notre amour est un don désintéressé de nous-mêmes ? Est-ce que notre amour pardonne ?
Quelles sont les activités ordinaires de Jésus durant la soirée ?
« Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais » Le refrain du psaume que nous venons de chanter est comme un prophétie de cette activité du Christ « Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures », en écho à notre première lecture sur les souffrances de Job.
Les journées de Jésus sont longues. Elles se prolongent jusque dans la soirée. Comme durant la journée, Jésus procède à la guérison des malades .
De quelle manière Jésus procède-t-il? ?
D’une manière très personnalisée comme il nous en donne l’exemple avec la guérison de la belle-mère de Pierre. Une manière qui s’exprime surtout dans le non-verbal : « Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et il la fit lever ». Aucun mot de prononcer, mais une présence qui guérit. Jésus donne une nouvelle vie donnée à cette femme : remarquons que l’expression « la fit lever, » sera la même expression pour parler de la résurrection. Ce que comprenait très bien la communauté chrétienne de l’évangéliste Marc.
Jésus procède aussi à l’expulsion des esprits mauvais. Notre récit souligne par trois fois que Jésus chassait les esprits mauvais. « Ils chassaient beaucoup d’esprits mauvais »
En ce qui nous concerne, à l’exemple de Jésus, sommes-nous des messagers de la bienveillance du Seigneur à l’égard des malades que nous côtoyons ?. Sommes-nous proches, à la manière du Christ, des personnes qui souffrent dans leur corps ou dans leur esprit?
Nous venons de contempler dans notre page d’évangile le mystère d’une journée ordinaire du Christ dans sa vie publique.
Chaque geste, chaque action, chaque parole du Christ peut être considérée comme un mystère au sens spirituel du mot. Dans cette perspective, chaque mystère possède une puissance et une force, un pouvoir spécial, si nous sommes unis et prions par l’intercession du mystère.
Quelle est ce pouvoir?
C’est un pouvoir de salut ou de mérite.. Ce n’est pas seulement le mystère du Christ en croix qui nous sauve, mais toute la vie du Christ, dans tous ses différents mystères depuis sa conception virginale dans le sein de la Vierge Marie jusqu’à son dernier souffle sur la croix..
C’est un pouvoir d’exemplarité. Nous devenons ce que nous contemplons dans ce mystère Il y a comme une communication entre ce mystère et nous. C’est comme un soleil qui nous donne de la lumière et de la chaleur si nous nous exposons è son influence.
C’est aussi un pouvoir d’intercession : il y a toujours une grâce attaché au mystère contemplé. Je contemple Jésus qui guérit, et je demande par l’intercession de ce mystère la guérison de telle personne ou ma propre guérison.
Quelle est la meilleure manière de contempler et de faire l’expérience des mystères du Christ ?
C’est avec l’attitude spirituelle et l’intercession de la Vierge Marie surtout en priant et contemplant avec elle les différents mystères du Christ par exemple en priant le saint Rosaire.
Comme le chantait Montfort dans l’ un de ses nombreux cantiques.
« O Jésus vivant en Marie,
Venez vivre et régner en nous
Faites-nous part de vos mystères
Pour vous imiter ici-bas.
Communiquez-nous vos lumières
Pour nous conduire en tous nos pas. » ( Cant. 111)
Que les grâces de la contemplation du mystère du Christ dans sa vie ordinaire de tous les jours, le matin, en prière, le jour, en proclamant le Royaume de Dieu, et le soir, guérissant les malades, descendent dans nos âmes et les sanctifient.. Nous vous demandons ces grâces , Seigneur Jésus, par une double intercession, l’intercession du mystère contemplé et l’intercession maternelle de la Reine-des-Cœurs . Amen.
Claude Sigouin, s.m.m. , le 8 février 2009.