3e dimanche du carême

7  mars 2010


Exode 3, 1- sss...
Corinthiens 10, 1-6 ss
Luc... 13, 6-9


Dieu  se révèle souvent,  se fait reconnaître souvent là où nous vivons. Il donne des signes de sa présence et de son action.

Le texte de l'Exode où Dieu vient interpeler Moïse est un événement majeur de la Révélation de Dieu... Dieu dit: Moïse, Moïse. Il répondit : Me voici.

«Me voici » Une formule très dense qui sera reprise plusieurs fois par différents personnages que Dieu viendra interpeller, à qui il choisira de se révéler. Une formule qui signifie: Me voici avec tout mon être et mon histoire: mes pauvretés, mes blessures, mes faiblesses et tout ce que je porte de beau et de grand en moi. Me voici avec mon péché, mes infidélités...  Et mon désir profond de Te connaître, Toi mon Dieu et Sauveur...

Rencontrer Dieu nécessite cette réponse.  Dans toute sa rigueur et sa densité.  Puis il faut se taire pour écouter. Cesser toute parole pour laisser un espace à la Parole de Dieu. Dans la prière, il y a un temps pour parler et un temps pour se taire.

C'est Catherine Labouré qui nous dit: « Lorsque je vais à la chapelle, je me mets devant Dieu et je Lui dis: Seigneur, me voici, donnez-moi ce que vous voulez... et puis je lui dis ce qui me vient à l'esprit et je lui raconte mes peines et j'écoute... » Texte recueillie à la chapelle de la rue du Bac.

Cette terre est une terre sainte
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Ce texte de l'Exode nous situe aussi dans la grande Histoire de Dieu avec l' humanité. C'est un très beau et très grand moment. À partir de cet événement, nous pouvons aussi réfléchir sur notre vie, la place de Dieu, son rôle, son Amour.

Jean-Paul II à Montréal, en se servant de ce texte, nous avait dit: «Cette terre où vous marchez, est une terre sainte.» Cette terre où nous vivons est une terre sainte. Sainte non pas à cause de nous mais à cause de Dieu: sa présence, la Révélation et la manifestation de son Amour, de sa miséricorde, de sa patience, etc...

Dans les parcours de spiritualité ou de foi ou de retour à la foi.  Nous nous servons aussi de ce texte pour aider à saisir quelque chose du grand mystère de Dieu, de sa présence.
Le lieu où nous vivons, est un lieu saint. L'histoire que nous vivons, est une histoire sainte parce que c'est là que Dieu nous attend: dans nos souffrances, nos fragilités, nos misères, nos péchés et tous nos talents et capacités d'aimer. (cf discours du pape à Montréal, 1984)

Oui Dieu sait être patient et nous attendre.  Il est là présent et agissant. Comment agit-il? Il agit en soutenant d'abord chacun de mes efforts, de mes désirs pour transformer une situation, un comportement. Il agit en nourrissant mes capacités, mes talents, ma volonté de faire du neuf.

Un homme d'une cinquantaine d'années me racontait comment des blessures dans son histoire lui avait donné de la difficulté au cours de sa vie....
Il avait connu un père alcoolique... Rien de bien dramatique mais en même temps, il sentait qu'il y avait des blessures: l'alcoolisme lui avait voler comme une partie de l'amour de son père.

Après tant d'années, il avait découvert tout d'un coup comme dans un flash, qu'il était important de pardonner et de laisser Dieu habiter toute cette espace de sa vie intérieure et de son histoire.

Seul un Dieu Père - le Dieu de Jésus - infiniment bon et patient pouvait l'accompagner dans son histoire à lui et le guérir, habiter ce passé blessé et le libérer de ce fardeau.

Nous avons tous nos blessures à travers nos expériences - à travers notre histoire. Seul un Dieu patient peut nous accompagner et nous aider à guérir et à dépasser nos expériences malheureuses.

La Bonne Nouvelle aujourd'hui: Dieu est patient devant nos lenteurs. Dieu sait nous attendre mais d'une façon active en nourrissant en moi ce qui est capable de porter du fruit. Non seulement, il sait patienter mais il veut nous donner à la mesure qui nous convient, tout ce qui est nécessaire pour porter du fruit. À nous d'être accueillant à la grâce ou de trouver ''la'' manière qui me convient pour m'ouvrir et accueillir l'aide qui est offerte.

Devant le figuier qui tarde à porter des fruits, il accepte que le jardinier prenne le temps de bêcher, de mettre de l'engrais. Pas de cognée, pas de hache mais de l'engrais et de la patience.

«Les révélations successives insisteront de plus en plus sur la patience, l'amour miséricordieux du Père qui «sait de quoi nous sommes pétris; lent à la colère, et plein d'amour, il ne nous traite pas selon nos fautes (ps 103, 8)

La Révélation de L'AMOUR de DIEU: Dieu est patient mais il exige toujours notre conversion. Dieu est bon mais il n'est pas bonasse et faible. Dieu aime sans condition mais il ne peut pas accepté le mal, l'injustice. En Dieu-Amour tout est parfaitement harmonisé: l'amour patient et l'amour exigent, l'amour qui pardonne et l'amour qui fait du neuf, l'amour qui est fidèle et l'amour qui accepte de souffrir, etc...

Jean-Guy Richer, montfortain