3e dimanche de Pâques

Homéliste: Gilles Dallaire, s.m.m.

Évngile:  Luc 24, 35-48


- Retenons deux choses principales de l'Évangile que nous venons d'écouter.

- Premièrement, nous sommes toujours au jour de Pâques, avec les disciples.
C'est comme si on ne se fatiguait pas de raconter les apparitions du Seigneur.
Comme si Pâques était toujours présent.

Oui, Pâques est toujours présent. On peut dire que Pâques n'est jamais terminé, car, comme dit l'Écriture:
le Christ est Vivant, sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
Il est vivant pour toujours. Il n'y a pas d'après Pâques. Pâques est toujours présent en Jésus vivant, comme nous le disons à chaque prière de l'Église: par Jésus, ton fils, qui vit avec toi dans l'unité du Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Jésus, de Nazareth, vivant pour les siècles des siècles.

C'est pour cela que nous prenons conscience que la Pâque de Jésus vient jusqu'à nous, non comme un souvenir lointain, mais comme une présence continuelle. Jésus est vivant pour toujours. Sa vie nous rejoint. Nous entrons dans le mystère de Pâque, de la résurrection, de la vie. Nous sommes englobés par le Mystère de Pâques. En nous la vie n'a plus de déclin, la vie de Jésus est en nous pour toujours.

Pâque est comme un jour qui se lève, mais ne connaîtra pas le soir, ni la nuit.
Nous allons vivre pour toujours, nous aussi, dans la force de la vie de Jésus.
Nous sommes englobés par le mystère de Pâques. Comme une vie qu'on ne voudrait jamais voir finir...

- Deuxièmement, Pâques est fait de récits. Pourquoi faut-il raconter tant d'apparitions, sinon parce que Pâques est d'abord une expérience vécue, par Marie Madeleine, par Jean, par Pierre, par les disciples d'Emmaüs, par les onze... Et une expérience, ça se raconte. C'est authentique, tout en étant toujours un peu nouveau, un peu différent. Quand plusieurs personnes racontent un événement, c'est comme cela: chacun raconte ce qu'il a vécu.
Marie a vécu la découverte, la première. Jean a couru, Pierre a suivi. Les disciples d'emmaüs ont fait l'expérience de la route; les onze ont vu.

Il y a trois aspects à l'expérience des onze: une certitude, une lumière, une mission.

D'abord une certitude, au présent. Un fait. Aujourd'hui, on insiste: regardez, touchez, voyez-moi manger. C'est vrai, je suis vivant.
C'est à cette expérience que nous sommes invités encore aujourd'hui:
rencontrer le Christ vivant, dans sa présence, dans sa parole, dans le sacrement de l'Eucharistie, dans tous les signes qu'il nous donne.

C'est la seule façon d'entrer dans le mystère de Pâques, par expérience personnelle de foi, par rencontre personnelle de foi. Oui, Seigneur, tu es présent, tu es vivant, je te reconnais, avec Marie, avec Jean et Pierre, avec les onze disciples. Tu es vivant aujourd'hui, pour ton Église.

Pâques, c'est aussi une lumière. Pour saisir la profondeur de cette expérience, il faut s'appuyer sur une Parole, celle de l'Écriture: rappelez-vous, dit Jésus. C'est ce qui était annoncé, préparé, prédit. C'est ce qui est réalisé maintenant. Il leur ouvrit l'intelligence des Écritures: voilà le grand plan de salut de Dieu sur nous, réalisé finalement par la résurrection du Seigneur Jésus. Il faut comprendre ! C'est comme cela que Dieu veut sauver le monde, par son Fils, né, mort, vivant pour toujours. Je viens de comprendre !

Enfin, toute expérience de Pâques ouvre l'avenir: vous allez en être témoins. C'est une mission. Dans la mesure où vous aurez fait l'expérience vraie, vous en serez les témoins, pour le monde d'aujourd'hui, à travers les siècles. Témoins d'un Vivant, d'une espérance, voilà pâque pour nous aujourd'hui. Ces témoins, ce sont vous. Car le monde a besoin de témoins d'espérance, plus que jamais. C'est vous. Parce que vous m'avez rencontré, parce que vous avez compris. Le plan du Dieu Créateur va se réaliser, car celui qui a créé le monde est capables de la porter à sa fin, malgré tout, par son Fils. Cela rejoint le message final de l'Apocalypse. Dieu va réaliser son projet ! Parce qu'en Jésus vivant, il l'a déjà réalisé.
Alors, j'en suis témoin, je vais tirer par en haut. Je choisis la vie. La mort n'a plus aucun pouvoir sur Jésus. Tout ce qui est mort, détresse, destruction, découragement, la mort n'a plus aucun pouvoir. Je choisis la vie. Cela change toute la vie, toute son orientation.
Dans la foi en Jésus vivant, je choisis la vie !
C'est ce que nous avons chanté: "Témoins du Dieu de Pâques, visages de sauvés, nos fronts portent la marque du Fils ressuscité."