3ième dimanche de l’Avent ( B)
Isaïe, 61, 1-2a.10-11
1 Thess. 5, 16-24
Jean, 1, 6-8.19-26
Ce troisième dimanche de l’Avent que nous célébrons aujourd’hui, c’est
le dimanche de la joie, le dimanche du « Gaudete» selon l’expression
latine du texte de saint Paul aux Philippiens : « Soyez
dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est
proche» (Ph 4, 4-5)
Les deux premières lectures de la liturgie sont empreintes d’une joie
profonde.
C’est d’abord le texte du livre d’Isaïe : « Je tressaille de joie dans
le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu». Le psaume fait écho à cette
émotion de joie avec les paroles du chant de la Vierge Marie dans son
Magnificat « J’exulte de joie en Dieu, mon Sauveur».
Le texte de la deuxième lecture de Paul dans sa première lettre aux
Thessaloniciens qui nous recommande; « Soyez toujours dans la joie».
Évidemment, il ne s’agit pas de n’importe quelle joie, une joie
superficielle, à fleur de peau, passagère, mais d’une joie spirituelle,
profonde, sereine et permanente même à travers les épreuves. Il
s’agit de la joie, don de l’Esprit Saint.
Que nous propose l’évangile d’aujourd’hui?
À l’exemple de Jean-Baptiste, l’évangile nous propose d’être comme lui,
un témoin, un précurseur, un révélateur, une voix qui proclame Jésus
Christ dans notre monde d’aujourd’hui comme Jean le faisait à son
époque. « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas».
Dans un Québec où le Christ est si mal connu et même inconnu où pour
plusieurs, la fête de Noel a perdu tout son sens religieux, il est
urgent de proclamer que le Christ est la lumière qui brille dans
les ténèbres, qu’il est le chemin, la vérité et la vie, qu’il est
une source d’espérance, de bonheur, une source de grande joie,
une joie qui peut satisfaire nos désirs les plus
profonds.
Quelle est la source de cette joie
spirituelle ?
Elle est évidemment dans la joie de
Dieu, dans son amour trinitaire à notre égard. La Trinité ce sont trois
Amoureux, le Père, le Fils et l’Esprit Saint, en un seul Amour. Et cet
Amour et cette Joie de Dieu sont répandus dans nos cœurs par le
baptême. Comment ne pas s’en réjouir ? Nous vivons dans l’intimité de
Dieu. Quelle joie! L’Amour et la Joie de Dieu en nous, et nous
dans l’Amour et la Joie de Dieu,
Dieu dans notre cœur et nous dans le cœur de Dieu.
Quelle attitude prendre pour accueillir cette joie spirituelle ?
Tout un programme de vie et de joie nous est offert dans la Parole de
Dieu dans notre deuxième lecture de l’apôtre Paul aux Thessaloniciens.
Un programme en deux étapes
Première étape : 3 moyens pour obtenir cette joie.
Tout d’abord, écrit l’apôtre Paul : « Soyez toujours dans la
joie». «Toujours », ce n’est pas de temps en temps, à l’occasion,
mais d’une façon permanente, même à travers les épreuves et difficultés
de la vie.
C’est une demande pour ne pas dire un ordre du Seigneur.
Comment le faire ? C’est en prenant conscience, chaque jour, que
l’Amour et la Joie de Dieu vraiment habitent en nous.
Ensuite, «Priez sans relâche». Ce ne veut pas dire faire de
longues des prières vocales, mais être en état de prière. Notre
respiration doit devenir prière.
Finalement, «Rendez grâce en toute circonstance.» L’action de grâce
suscite en nous toujours de la joie. Il faut en faire l’expérience et
pour en voir les résultats tangibles.
Deuxième étape : 3 directives qui font grandir en nous la joie.
Tout d’abord, de continuer l’apôtre Paul : « N’éteignez pas
l’Esprit». Laissons agir l’Esprit en nous surtout par les dons
de l’Esprit reçus au baptême et épanouis à la confirmation, et
nourris par l’Eucharistie. Les dons de sagesse et d’intelligence, de
force et de conseil, de connaissance et de piété filiale.
Ensuite, «Ne repoussez pas les prophètes». Ce sont des personnes
qui proclament avec force, courage et conviction la
Parole de Dieu. Ce ne sont pas seulement les prophètes de l’Ancien
Testament, mais les prophètes d’aujourd’hui, comme le pape Benoît XVI,
comme un Jean Vanier, et combien d’autres personnes proches de nous
mais qui sont de véritables témoins de leur foi chrétienne.
Finalement, «Discernez la valeur de toute chose» C’est un choix à faire
entre les fausses sagesses du monde, et les vraies sagesses.
Quelles sont les fausses sagesses ? C’est la recherche excessive et
exclusive des richesses, la recherche du plaisir effréné et sans
limite, l’orgueil dominateur.
Quelles sont les vraies sagesses ? La simplicité de vie,
l’équilibre et la modération, la vérité dans nos relations humaines.
Tel est le programme et le secret en deux étapes d’une vie heureuse et
joyeuse dans le Seigneur selon St Paul dans sa lettre aux
Thessaloniciens.
Quelle est la meilleure façon de vivre cette joie spirituelle dans le
quotidien de nos vies ?
C’est avec la Vierge Marie qui se rend si présente, surtout
durant ce temps de l’Avent, d’une présence douce et tranquille,
d’une présence qui accompagne, d’une présence maternelle,
affective et effective avec des résultats concrets.
Elle est la Vierge joyeuse en attente du Seigneur. Les premières
paroles adressées à la Vierge Marie dans les évangiles sont des paroles
de joie. « Réjouis-toi, Comblée de grâce».
C’est la joie de la plus grande noce sur terre. Au moment de la
conception virginale de Jésus, selon les paroles d’un hymne orthodoxe,
Marie devient la « chambre nuptiale où Dieu épouse l’humanité».
C’est une alliance d’amour de Dieu avec nous, une alliance comparable à
un mariage, une alliance fidèle, exclusive, féconde.
C’est ensuite, le «oui» joyeux de Marie, en réponse à la demande de
l’archange : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout se fasse
pour moi selon ta parole.».
C’est aussi la joie de son expérience de vie entuière qu’elle
chante dans son Magnificat : « J’exulte de joie en Dieu mon
Sauveur».
Finalement, en ce temps de l’Avent, c’est la joie de sa maternité
divine comme nous le représente si bien l’icône de la Vierge du Signe,
l’icône de Jésus vivant en Marie.
«Ô Jésus vivant et régnant en Marie, venez vivre et régner en nous en
la plénitude de votre joie, en la plénitude de vos tressaillements de
joie dans le sein de votre mère».
En ce dimanche de la joie, reconnaissons que Dieu est la véritable
source de notre joie.
Mettons en pratique les étapes d’une joie spirituelle profonde comme
nous le propose l’apôtre Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens.
Laissons-nous inspirer par la joie sereine de la Vierge Marie,
avec elle, en elle et par elle, exultons de joie en Dieu notre Sauveur.
En terminant, j’aimerais à reprendre la prière du début de notre
célébration : « Tu le vois Seigneur, ton peuple se prépare à
célébrer la naissance de ton Fils, dirige notre joie vers la joie d’un
si grand mystère : pour que nous fêtions notre salut avec un cœur
vraiment nouveau ». Par Jésus le Christ, notre Seigneur.
Amen.
Claude Sigouin, s.m.m.
10 -11 décembre 2011
Sanctuaire MRDC