2ème dimanche ordinaire B
1 Samuel 3, 3b-10.10 psaume 39 1Corinthiens 6, 13b-15a.17-20

Homéliste: Georges Madore, montfortain



Écouter
    Souvent, les gens disent: «Qu'est-ce que ça donne de prier, de parler à Dieu, il ne répond jamais!» Le problème, c'est qu'on oublie que prier, ce n'est pas seulement parler, à Dieu, c'est aussi et même c'est d'abord de l'écouter! Voilà le conseil que donne le prêtre Éli au jeune Samuel: «tu diras: parle Seigneur, ton serviteur écoute.» Comme nous sommes tentés d'inverser la formule et de dire à Dieu: «Écoute Seigneur, ton serviteur parle!»
 (Histoire de la petite fille qu'on croyait muette).

Dieu appelle
    Quand Dieu parle, c'est d'abord pour appeler. Dans la Genèse, Dieu dit: «Que la lumière soit» et la lumière fut! Donc, Il appelle à quoi? Il appelle à être, à exister. Nous partageons ce glorieux appel qui nous arrache au néant avec tout ce qui existe.
    Plus encore, je suis appelé à être MOI! Dieu m'appelle à être ce que je suis, ce qu'il a rêvé lui-même. Dans l'évangile de Jean, Jésus connaît les gens avant même de leur parler. Ici, il identifie Simon (Tu es Simon) et il lui dit ce qu'il deviendra: un roc de foi. Tout de suite après, il identifie Nathanaël, (sous le figuier, je t'ai vu) et il lui dit quelle révélation il recevra (le ciel ouvert et les anges qui montent et descendent). De même, il dira à la Samaritaine ce qu'elle est: une amoureuse déçue et en quête du grand amour (tu as eu 5 maris...)
    Jésus nous dit ce que nous sommes et surtout ce que nous sommes appelés à être, ce que Dieu a imaginé pour nous. Il nous révèle notre place dans la grande histoire du cosmos et de l'humanité. C'est réconfortant, illuminant, emballant de savoir ce qu'on est appelé à être. Des fois des gens disent: à l'âge de 5 ans, je savais que je serais un musicien (Olivier Messiaen). Jésus nous dit ce que nous serons, il nous révèle notre véritable appel. Parfois, comme avec Simon, il résume cet appel dans un nom nouveau. Si je me demandais aujourd'hui: quel nom Jésus me donnerait-il? Quel nom d'après moi, résumerait cet appel, ce devenir qu'il m'offre?

    . Et cet appel à plus, il peut résonner de deux sources: d'un autre, ou de nous-mêmes.
    Un autre, ce peut être Jésus lui-même, comme dans les synoptiques. Il voit Simon et André et il les appelle: Suivez-moi». Mais dans l'évangile de Jean proclamé aujourd'hui, c'est différent. Jésus appelle par des intermédiaires. Le premier intermédiaire, c'est un témoin:  c'est Jean le baptiste, celui qui a percé le mystère de Dieu présent dans le Christ. Il faut des Jean-baptiste. On en a eu dans notre vie; et on doit en être un pour les autres.
    Mais l'appel peut résonner aussi en soi, sous forme d'une quête, d'une recherche. C'est pourquoi, la première parole de Jésus dans tout l'évangile de Jean est une question: «que cherchez-vous?»  L'être humain est toujours en état de recherche. Dans la solitude, on cherche une présence; dans l'isolement, on cherche l'amour; dans la maladie, on cherche la santé. Dans l'épreuve, on cherche l'espérance. Dans le travail, on cherche la reconnaissance. On est toujours en quête, en recherche. Et Jésus nous amène lentement (Venez et vous verrez) à découvrir que tout cela, c'est quelqu'un. Seul quelqu'un, seul Dieu, peut répondre à notre quête. Il est lui, l'amour, la santé, la reconnaissance. Il est l'objet de notre quête