2ième dimanche du carême (
C)
Gen. 15,
5-12,17-18
Phil. 3,
17—4,1
Luc 9,
28-36
Dimanche dernier, premier dimanche du carême, nous
étions invités avec Jésus dans le désert, lieu de l'épreuve et de
la tentation.
Aujourd'hui, en ce deuxième dimanche du carême, nous
sommes invités avec Jésus, sur la montagne, lieu de rencontre avec
Dieu. .
La montagne dans la Bible est le symbole de la rencontre de
l'homme avec Dieu.
En fait, c'est l'endroit le plus élevé, l'endroit le plus près de la
voûte céleste. C'est comme un espace sacré, un lieu de prière. « Jésus
alla sur la montagne pour prier, et pendant qu'il priait sont visage
apparut tout autre ».
En quoi
consiste ce mystère de la transfiguration sur cette
montagne du Thabor?
Premièrement, c'est une révélation sur la personne du Christ, sur son
identité la plus profonde, sur sa divinité. Révéler veut dire
enlever le voile qui cache une réalité profonde et qui maintenant
devient visible.
Dans cette page d'évangile, c'est la révélation de la divinité du
Christ qui resplendit à travers son humanité, une anticipation de la
gloire de sa Résurrection.
C'est ce que signifie le symbolisme de la blancheur
éclatante de son vêtement.
« son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une
blancheur éclatante »
Deuxièmement, le mystère de la transfiguration, c'est aussi une
révélation de l'amour trinitaire. Comme l'écrivait saint Thomas d'Aquin
« Toute la Trinité apparut, le Père dans la voix, le Fils dans
l'homme, l'Esprit dans la nuée lumineuse » Ce mystère
trinitaire est exprimé par le symbolisme des trois cercles de «
la danse trinitaire » selon l'expression des grands spirituels, et par
les trois rayons de lumière qui émanent du Christ transfiguré.
Troisièmement, la transfiguration est enfin un
mystère de lumière tel que nous le propose Jean-Paul II dans la
contemplation des mystères lumineux du Rosaire.
Qui sont les témoins de cette transfiguration ?
D'abord, les témoins de l'Ancien Testament, un prophète de feu, Élie,
représentant tous les Prophètes de l'Ancienne Alliance et Moise,
l'homme au visage rayonnant de lumière, tenant dans ses mains le livre
de la Loi.
Ensuite, ce sont les témoins du Nouveau Testament, trois disciples
privilégiés : « Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques
»
Quelles sont les réactions de ces témoins privilégiés ?
Elles sont en référence avec les réactions d'Abraham, notre père dans
la foi, dans le récit de notre première lecture du livre de la Genèse :
« Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abraham, une
sombre et profonde frayeur le saisit. »
De la même façon, « les disciples sont accablés de sommeil et ils
sont saisis de frayeur »
Finalement, qui sont les témoins les plus importants
de ce mystère de la transfiguration ? Ce ne sont plus ceux
d'autrefois, ils sont contemporains, Les témoins : c'est nous
autres, vous et moi, aujourd'hui même ! Nous sommes toujours
impliquer activement dans chaque page d'évangile.
Quelles sont nos réactions , en référence avec la
Parole de Dieu, aujourd'hui ?
« Pendant que Jésus priait, il fut transfiguré
». Quelle est la qualité de nos prières? Est-que nos
prières nous transfigurent ? Est-ce qu'elles nous changent vraiment
surtout durant ce temps de carême, ce temps de conversion et de
purification de nos intentions ou est-ce que par nos prières, nous
voulons changer Dieu? Que ma volonté soit faite et non la tienne,
que mon règne vienne et non le tien.
« Maître, il est heureux que nous soyons ici
» Est-ce un bonheur, une joie pour nous de participer à
l'eucharistie ou une obligation seulement? Sommes nous heureux et
heureuses d'être ici en présence du Christ dans sa Parole, de sa
présence dans notre assemblée chrétienne, de sa présence eucharistique
surtout au moment de la communion?
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ». Quelle est la qualité
de notre écoute de la Parole de Dieu? Nous laissons-nous
transformer par cette Parole ? Nous laissons-nous contredire par
cette Parole dans nos pensées, nos projets ? « Mes pensées ne sont pas
vos pensés » dit Dieu. Sommes-nous comme les disciples de
notre évangile « accablés de sommeil » devant la Parole de Dieu
ou sommes-nous « réveillés » pour voir la gloire de Jésus dans sa
parole.?
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut » proclame le refrain
du psaume.
Faisons-nous vraiment l'expérience du salut ? Le salut est une
participation à la vie divine, une transfiguration, une
déification. Comme nous dit l'apôtre Paul dans la deuxième
lecture « nous attendons comme Sauveur le Seigneur
Jésus-Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de
son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable de tout
dominer »
Le Christ est-il vraiment notre lumière dans nos différentes
décisions?
Le Christ est une lumière qui transfigure nos vies, une lumière
qui fait transparaître le divin dans notre agir humain. Il ne suffit
pas de parler de Dieu, il faut le faire voir à travers notre vie, faire
voir Dieu à travers nos gestes quotidiens.
C'est ta face, Seigneur que je cherche; ne me cache pas ta face »
Recherchons-nous la face du Seigneur crucifié, dans ceux et celles qui
souffrent dans leur corps et leur âme ? La face du Seigneur
ressuscité, dans le sourire des visages épanouies? La face du Seigneur
de l'espérance dans le visage des enfants ?
Après ces différentes interpellations à la lumière de la Parole
de Dieu, comment vivre en plénitude ce mystère de la transfiguration
dans le quotidien de nos vies ?
Saint Louis Marie de Montfort nous propose d'en faire l'expérience avec
et par Marie, qu'il nomme « une montagne mystérieuse », la
montagne de Marie. Il affirme avec conviction, dans sa Prière embrasée
: « C'est sur cette montagne de Dieu qu'ils seront transfigurés
avec lui comme sur le Thabor » ( Montfort, Prière embrasée, no 25)
Montfort rejoint ainsi la tradition des Églises
Orientales qui célèbrent avec beaucoup d'éclat ce mystère de la
Transfiguration du Seigneur,. Dans leurs prières liturgiques à
l'occasion de cette fête, ils font souvent référence à la Vierge
Marie, Vierge de Lumière. En ce sens, je vous propose une prière
du rite arménien parmi plusieurs autres.
« L'ineffable lumière de la divinité, tu l'as, par
une loi providentielle, portée dans tes entrailles, ô Marie, Mère et
Vierge, nous te glorifions, nous te bénissons!
La troupe des apôtres a été terrifié par une lumière partielle; mais tu
as possédé en toi le feu de la divinité. Ô Marie, Mère et Vierge !
Un nuage de lumière s'est étendu sur les apôtres; mais ce qui est
bien plus, le Saint-Esprit et la force du Très Haut se sont répandu sur
toi comme une ombre (Luc 1,35) Ô Sainte Mère de Dieu.! »
Que les grâces du mystère de la
Transfiguration par l'intercession maternelle Notre Dame du
Perpétuel Secours descendent dans nos cœurs, les transfigurent et
les sanctifient à jamais! Amen !
Claude Sigouin, s.m.m.
28 février 2010