2ième
dimanche du carême (A)
Gen. 12,
1-4a
Tim. 1, 8b-10
Matth. 17, 1-9
Dimanche dernier, premier dimanche du carême, nous
étions invités avec Jésus dans le désert, lieu de l’épreuve et de
la tentation.
Aujourd’hui, en ce deuxième dimanche du carême, nous
sommes invités avec Jésus, sur la montagne, lieu de rencontre avec
Dieu. « Mon cœur t’appelle, approche-toi», selon le thème choisi pour
notre carême.
Comme nous le savons, le temps du carême est un
temps privilégie pour les catéchumènes qui se préparent d’une
façon plus immédiate à recevoir les sacrements du baptême, de la
confirmation et de l’eucharistie à la veillée pascale, et pour nous, un
temps privilégiée pour renouveler nos propres engagements à vivre
selon la vie chrétienne considérant les exigences de
ces sacrements.
À la lumière des textes de la Parole d’aujourd’hui,
demandons-nous quel est le sens profond de ces sacrements d’initiation ?
Chacun de
ses sacrements est un appel du Seigneur. «Mon cœur t’appelle,
approche-toi».
Quel est cet appel ? C’est un appel du Dieu d’amour
qui veut nous combler de ses bénédictions divines pour notre plus
grand bonheur.
Dans le court récit du livre de la
Genèse, proposé pour ce dimanche, par cinq fois, Dieu réfère à ses
bénédictions en notre faveur. « Je te bénirai, tu deviendras une
bénédiction, je bénirai ceux qui te béniront, en toi, seront bénies
toutes les familles de la terre»
Bénir, c’est vouloir du bien à
quelqu’un, c’est dire du bien de cette personne. Et quand c’est Dieu
qui bénit sa Parole est toujours efficace et active dans nos vies. «
Mon cœur t’appelle, approche-toi, je veux te bénir.»
Quel est cet appel ? C’est aussi une vocation
sainte. C’est une entrée dans le projet de Dieu. Tel est le sens de la
deuxième lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée.
« Car Dieu nous a sauvés, et il nous a donné une vocation sainte, non
pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et
de sa grâce».
Quel est ce projet de Dieu ? C’est de nous
sanctifier par les sacrements d’initiation, de nous faire
participer à sa vie divine à travers notre humanité, de nous
combler de son Amour. «Mon cœur t’appelle, approche-toi, je veux
te communiquer ma propre vie éternelle.»
Quel est l’appel maintenant que nous propose l’évangile du jour ?
C’est un appel à participer à la transfiguration du Christ, à sa
sainteté, à sa lumière de Ressuscité.
En quoi consiste ce mystère de la
transfiguration ?
Premièrement, c’est une révélation sur
la personne du Christ, sur son identité la plus profonde, sur sa
divinité qui resplendit à travers son humanité, une anticipation
de la gloire de sa Résurrection. Une voix disait :«Celui-ci est
mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le»
La même voix s’était fait entendre à
l’occasion du baptême de Jésus dans le Jourdain, « Celui-ci est mon
Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances»
C’est cette même voix du Père qui
s’adressait à chacun et chacune de nous à l’occasion de notre baptême «
Tu es mon fils, tu es ma fille bien-aimé, en toi je mets tout mon
amour» Cette même voix s’adresse de nouveau à nous à l’occasion
de notre confirmation et à l’occasion de chacune de nos eucharisties.
«Mon cœur t’appelle, approche-toi, tu es
mon fils bien-aimé, tu es ma fille bien- aimée!»
Deuxièmement, le mystère de la
transfiguration, c’est aussi une révélation de l’amour trinitaire.
Comme l’écrivait saint Thomas d’Aquin « Toute la Trinité apparut,
le Père dans la voix, le Fils dans l’homme, l’Esprit dans la nuée
lumineuse
Cet Amour trinitaire nous
est communiqué par l’Esprit Saint.
Cet Esprit d’Amour nous est donné
dès le baptême, d’avantage à la confirmation et nourri par
l’eucharistie. «Mon cœur t’appelle, approche toi, Je veux te
combler de mon amour !»
À la lumière de la Parole de Dieu
proposée pour aujourd’hui, quels sont les résolutions à prendre durant
cette période du carême ?
En relation avec la première
lecture : Sommes-nous vraiment une bénédiction pour les personnes
qui nous entourent ? Quelle est la qualité de notre bénédiction ?
En relation avec la deuxième
lecture : Sommes-nous des témoins de notre vocation sainte ?
Entrons-nous dans le projet d’amour de Dieu, un amour qui donne, qui se
donne et qui pardonne.
En relation avec l’évangile de la
transfiguration : Quels sont les signes de transfiguration dans
notre vie? Sommes-nous des reflets de la lumière du Christ, des reflets
qu’une vie divine habite en nous, avec toutes ses conséquences ?
Comment vivre d’une manière
efficace ce mystère de la transfiguration, ou de notre sanctification
dans le Christ ?
Saint Louis Marie de Montfort nous
propose de le faire avec et par Marie, qu’il appelle
« une montagne mystérieuse », la montagne de Marie. Il
affirme avec conviction: « C'est sur cette montagne de Dieu
qu'ils seront transfigurés avec lui comme sur le Thabor »
(Montfort, Prière embrasée, no 25)
Montfort rejoint ainsi la tradition des Églises
Orientales qui célèbrent avec beaucoup d’éclat ce mystère de la
Transfiguration du Seigneur. Dans leurs prières liturgiques à
l’occasion de cette fête, ils font souvent référence à la Vierge
Marie, la Vierge de Lumière. En ce sens, en terminant, je vous
propose une prière du rite arménien.
« L’ineffable lumière de la divinité, tu l’as,
par une loi providentielle, portée dans tes entrailles, ô Marie, Mère
et Vierge, nous te glorifions, nous te bénissons!
La troupe des apôtres a été terrifié par
une lumière partielle; mais tu as possédé en toi le feu de la divinité.
Ô Marie, Mère et Vierge !
Un nuage de lumière s’est étendu
sur les apôtres; mais ce qui est bien plus, le Saint-Esprit et la force
du Très Haut se sont répandus sur toi comme une ombre (Luc 1,35)
Ô Sainte Mère de Dieu.! »
Que les grâces de la Parole de Dieu et spécialement
du mystère de la Transfiguration par l’intercession maternelle de
la Reine-des-Cœurs descendent dans nos cœurs, les
transfigurent et les sanctifient à jamais! Amen !
Claude Sigouin, s.m.m.
20 mars 2011