2ième dimanche de l'Avent ( A)
                    Isaïe 11 : 1-10
                    Rom 15 : 4-9

                    Mt. 3 : 1-12


 J'aime illustrer l'homélie par un dessin, en relation avec la page proposée de l'évangile.
Cette fois-ci, je me demandais où situé Jean Baptiste, près du Jourdain, ou dans le désert? Les deux endroits sont mentionnés dans l'évangile?  Mais, pour mieux actualiser cet Évangile, j'ai choisi ce dessin qui positionne Jean Baptiste en pleine cité, dans notre monde actuel, et pour être encore plus concret, je dirais, en plain trafic, dans notre ville de Montréal. Vous remarquez comme arrière plan les édifices et les maisons  et les gens dans leur nombreuses activités.
 Nous sommes déjà au deuxième dimanche du temps liturgique de l'Avent, un temps privilégié pour nous préparer aux différentes venues du Christ. Le mot Avent, veut dire avènement ou venue, comme nous le disons à chacune de nos eucharisties après la prière du  Notre Père; " Nous espérons le bonheur que tu promets et l'avènement  ( ou la venue) de Jésus-Christ, notre Sauveur ".
 Ce n'est pas une venue, seulement dans le passé, il a plus de 2000ans,ou une venue à la fin des temps, mais une venue aussi dans notre aujourd'hui.
 En effet, Jésus vient tous les jours, dans sa Parole, dans les Sacrements, dans les personnes rencontrées, dans les évènements, et surtout dans notre cheminement spirituel dans la puissance d'amour de l'Esprit- Saint..
       
Que faut-il faire durant ce temps de grâce ?

C'est Jean Baptiste qui nous répond dans l'évangile que nous venons de proclamer. Il nous interpelle en élevant la main et il proclame :
"  Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est  proche. "
" Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route ".
Cette fois-ci, ce n'est pas dans le désert de Judée mais dans le bruit de nos villes actuelles.
       
Que veux dire se convertir ?  

C'est le mot clef de cet évangile : il est mentionné trois fois, même si nous n'aimons pas trop entendre ce mot..
Cela veut dire : changer de direction, c'est à dire faire demi-tour ou même un tour complet, c'est revenir vers le Père qui nous attend dans son Royaume. C'est se laisser bouleverser réellement par la présence de Dieu dans nos vies, et changer d'orientation et d'habitudes en conséquence de cette Présence en nous
Se convertir, c'est retourner à la source de notre baptême, à la source de la vraie vie.
" Lui, ( c'est à dire le Christ ) vous baptisera dans l'Esprit -Saint et le feu " proclame Jean Baptiste.
 Dans l'Esprit-Saint, c'est à dire qu'à notre baptême nous recevons les dons de l'Esprit  Ces dons étaient déjà prophétisés comme l'écrivait Isaïe dans notre première lecture, ce sont : l'esprit de sagesse et de discernement, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. "  Ces dons sont confirmés rendus plus actifs par le sacrement de confirmation et nourris chaque fois que nous communions au corps et au sang du Christ  dans chacune de nos eucharisties.
Dans le feu : c'est à dire dans la purification de tous ce qui fait obstacle à revêtir le Christ comme l'obstacle notre égoïsme, de la recherche de nous-mêmes, de notre orgueil.
Cette purification nécessite quelquefois des décisions courageuses, et des choix décisifs.

Se convertir en pleine ville, c'est cultiver un regard intérieur, se détourner de tout ce qui est extérieur, superficiel.. Nous pouvons nous recueillir, nous fermer les yeux même dans le métro et vivre au niveau de notre moi profond..
Se convertir, c'est se donner des espaces de silence pour se détourner de tous les bruits qui nous agressent, et qui nous empêchent de vivre en profondeur.
Se convertir, c'est devenir un instrument de paix et de justice dans toutes nos relations avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes. C'est comme nous dira St Paul dans notre deuxième lecture  " nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueillis pour la gloire de Dieu ". C'est cela la proximité du Royaume.
Se convertir dans la ville, c'est se détourner des fausses sagesses de la consommation à outrance, des fausses sagesses des désirs superficiels, des besoins éphémères créés par la  par la commercialisation, des fausses sagesses de toutes les tentations qui nous assaillent..


"  Convertissez-vous ! Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route "
    Je viens de vous proposer quelques moyens de le faire, maintenant je vous propose le moyen par excellence, le meilleur moyen parce que ce moyen est à la manière de Dieu.
   
Quel est donc cette manière de Dieu
C'est le chemin de Marie, c'est le chemin que Dieu a pris pour venir à nous, et c'est le chemin qu'il nous offre pour aller à Lui. C'est un chemin court, parfait, rapide, assuré.
Dans son grand projet d'amour Dieu a voulu prendre le chemin de Marie, la Toute Sainte  Cela aurait pu être autrement, Il aurait pu venir dans la maturité d'un adulte ou comme un chef puissant,  mais il a décidé  dans sa sagesse du moyen très humble de Marie.
Quand nous prenons le chemin de Marie, nous suivons l'exemple de Dieu lui-même. Nous entrons pour ainsi dire dans la Spiritualité de Dieu.
:
Dieu le Père n'a donné et ne donne son Fils que par Marie
Dieu le Fils prend naissance en Marie
Dieu le Saint-Esprit a formé Jésus Christ dans le sein de Marie.
Devant un exemple si évident, si visible de Dieu lui-même, pouvons-nous préférer un autre chemin ?
Ce chemin de Marie est vraiment  une  autoroute, comparé à tous les autres chemins possibles.  Montfort écrira que ce chemin si parfait est la voie Immaculée de Marie. " voie ou chemin sans aucune tache ni souillure, sans péché originel ni actuel, sans ombres ni ténèbres " ( V.D. 158)
Cette voie Immaculée de Marie sera célébrée ce mercredi  8 décembre avec la  Solennité de l'Immaculée-Conception.
Cette vérité de notre foi veut dire que dès le premier instant de sa vie, Marie est déjà sanctifiée, en pleine communion avec Dieu, qu'elle est la Toute Sainte.
Elle anticipe ce que nous aussi sommes appelés à devenir :  comme la Vierge Marie, par le baptême nous sommes choisis par Dieu pour " devenir saints et irréprochables  sous son regard dans l'amour " ( Éphésiens, 1 : 4)

En ce temps de l'Avent,  temps de conversion, temps favorables, des faveurs divines, quelle sont les décisions que je prends  à la lumière de la Parole de Dieu de ce jour?

Avec l'évangile, je m'engage  avec Jean-Baptiste, à  produire réellement des fruits de conversion dans ma conduite de tous les jours en témoignant de ma foi chrétienne.
 
Je décide aussi de vivre sérieusement les engagements de mon baptême, c'est à dire de renoncer au mal sur toutes ses formes et surtout de revêtir le Christ en vivant les valeurs de l'évangile.

Je décide avec l'apôtre Paul d'accueillir les uns et les autres comme le Christ m'accueille.
Selon le souhait de Paul "  Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d'être d'accord entre vous selon l'esprit du Christ Jésus "

 Je décide avec Isaïe  de ne pas juger les autres selon les apparences, et de ne pas trancher d'après ce que j'entends dire.

 Enfin, je décide de prendre la manière de Dieu, c'est à dire d'approfondir d'avantage ma relation à la Vierge Immaculée pour mieux suivre l'exemple de dépendance amoureuse de la Trinité et du Christ envers Marie, la Toute Sainte..

En terminant, je vous propose cette très belle prière  qui nous fera vivre en plénitude ce temps de l'Avent.  C'est une prière composée par Monsieur Olier, fondateur des Sulpicien, prière privilégiée de la spiritualité montfortaine.  Elle s'intitule " Ô Jésus vivant en Marie "  Je la récite en votre nom face au Saint Sacrement, en cette année de l'Eucharistie.        "  O Jésus vivant en Marie, venez et vivez en nous,
                 en votre esprit de sainteté
                 en la plénitude de vos dons
                 en la perfection de vos voies
                 en la vérité de vos vertus
                 en la communion de vos mystères
                 dominez en nous sur toutes les puissance ennemies,
      le monde,  le démon et la chair
      en la vertu de votre Esprit et pour la gloire de votre Père. "

Claude Sigouin, s.m.m.
 



Bonne semaine.


Homélies des dimanches précédents


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