29ième dimanche ordinaire « C »
                    Ex : 17 : 8-13
                    II Th 3 : 14- .4 :2
                    Lc : 18 : 1-8



               En ce 29ième  dimanche du temps liturgique, la première lecture du livre de l’Exode, avec la prière de Moise, et l’évangile du jour, avec la prière persistante d’une veuve, nous invite à réfléchir ensemble sur le sens de  la prière de demande.

    Qui parmi nous n’a pas fait l’expérience de prières jamais exaucées malgré la répétition  de nos demandes, malgré quelquefois de nombreuses neuvaines de prière ?
    À quoi sert alors de prier ?  Dieu ne répond pas ! C’est le terrible silence de Dieu !

    Évidemment, de telles réactions vont  à l’encontre de l’évangile que nous venons de proclamer : « il faut toujours prier sans se décourager ».

    Quelles sont les conditions d’une vraie prière de demande ?

    J’énumère trois conditions importantes et essentielles pour qu’une prière de demande soit exaucée.

    1) Première condition : il faut savoir que la vraie prière de demande ne vient avant tout de notre initiative personnelle  mais d’une grâce, un cadeau, un don de Dieu. Ce n’est pas nous qui prions mais l’Esprit Saint qui prie en nous, « avec des gémissements » selon une expression de St-Paul.
      L’Esprit-Sait  connaît  tous nos  besoins avant que nous les manifestions dans la prière. Comme l’écrit encore St-Paul, c’est l’Esprit lui-même qui vient au secours de nos faiblesses car nous ne savons pas que demander pour prier comme il faut » (Rom. 8 : 26). C’est pourquoi la prière de demande  doit être avant tout à l’écoute attentive  de l’ Esprit-Saint et vouloir ce que l’Esprit Saint veut de nous, dans un discernement spirituel.

     2) Deuxième condition : il faut savoir aussi qu’il y a des priorités à respecter dans nos demandes, des priorités très bien établies comme  dans la prière que Jésus lui-même nous a enseignée  le « Notre Père.

      Quelles sont ces priorités ?

            -   Que ton règne vienne! Et non pas notre propre règne
- Que ton nom soit sanctifié ! Et non pas notre  propre  nom.
- Que ta volonté soit faite ! Et non pas notre propre volonté.
              Autrement dit toute prière de demande est exigeante. Comme dans la prière du Notre Père, cela suppose l’engagement d’une conversion personnelle pour prier d’une façon sincère et vraie, cela suppose une certaine audace. C’est le sens de la formule liturgique pour introduire le Notre Père: « Comme nous l’avons appris du Sauveur, selon son commandement, nous osons dire  Notre Père».
     
    3) Troisième condition : Il faut savoir également, que la prière de demande  est souvent un combat, une lutte, et surtout une grande persévérance.
    Nous en avons une première  preuve dans notre première lecture du livre de l’Exode avec la prière de Moise : Moise sur la montagne est en prière les mains levés. »Mais les mains de Moise s’alourdissaient […] Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l’un, d’un côté, l’autre, de l’autre. Ainsi les mains de Moise demeurèrent levés jusqu’au coucher du soleil. »  Et ce fut la victoire sur les ennemis, les Amécilites, mais surtout la victoire du combat et de la persévérance dans la prière.
    La prière de demande est  un combat persévérant, nous en avons encore une deuxième preuve dans la page d’évangile d’aujourd’hui avec la veuve qui persévère dans sa demande au mauvais juge qui finalement exaspéré va entendre sa cause:« Je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. »  Autrement dit : la pauvre veuve est exaucée parce qu’elle ne cesse par le combat avec le juge et persévère dans sa demande.

Comment Dieu répond-t-il à nos prières de demandes ? 

    Premièrement, en nous donnant la grâce de persévérance, en nous donnant une force spéciale, que nous appelons la vertu théologale de l’espérance.

    Deuxièmement, Dieu va répondre à nos supplications si  nous lui demandons des « biens convenables »? C’est loin d’être certain que Dieu va exaucer notre prière pour gagner le million de  la Loto ! C’est loin d’être certain que Dieu va venir régler tous nos problèmes matériels sans notre participation libre, responsable et engagée.

    Troisièmement,  Dieu va nous répondre  à sa manière à Lui, qui ne correspond pas toujours à notre manière.

Quelle est cette manière de Dieu ?

    Il répond à nos demandes en nous donnant l’Esprit avec ses différents dons, surtout  le don d’intelligence  pour donner un sens à nos épreuves dans une vision de foi et le don de force pour nous donner le courage de passer à travers nos problèmes.
    Dieu répond à nos demandes surtout en  transformant  notre cœur. Prier, ce n’est pas  changer le cœur de Dieu, mais changer notre cœur.

    En ce dimanche du 17 octobre, nous avons la grande joie de célébrer la canonisation d’une de nos gloires canadiennes, le saint frère André.
          C’était un homme de prière. Il avait compris ce que Jésus veut dire « il  faut toujours prier». Sa prière, n’était pas seulement des paroles à prononcer, mais une manière d’être et de vivre. Sa respiration était prière. Sa vie de prière n’était pas  uniquement de demandes mais aussi  d’adoration, de louange et  d’action de grâce.
          C’était un homme de foi, une foi ferme, et inébranlable.
      Il était capable de répondre par un oui, à la question du Christ à la fin de notre évangile : « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre? »
     
      Sa foi était combat persévérant.  Il avait compris ce que dire «  prier sans se décourager» Il faut connaître les nombreuses difficultés même contre ses supérieurs pour réaliser son rêve d’un Oratoire dédié à S-Joseph, au pied du Mont-royal.
    Durant ce mois d’octobre, demandons aussi à la Vierge Marie de porter et soutenir notre prière en méditant, avec son attitude spirituelle, les mystères du saint Rosaire.
    
    Seigneur, augmente notre foi quand nos prières ne semblent pas exaucées !
    Seigneur, augmente notre foi, nous  levons les bras vers toi !     Amen!

    Je termine avec une prière par l’intercession du saint frère André pour obtenir une faveur spéciale surtout en ce jour de sa canonisation.

        « Saint frère André, nous célébrons ta présence parmi nous.
        Ton amitié envers Jésus, Marie et Joseph fait de toi un intercesseur
        auprès du Père.
        La compassion relie tes paroles au cœur de Dieu, tes prières sont exaucées
        et apportent réconfort et guérison.
        Avec toi, notre bouche s’approche de l’oreille de Dieu pour lui présenter    
        notre demande…( mentionnez une intentions, dans le silence du cœur )
Qu’il nous soit donné de participer comme toi à l’œuvre de Dieu dans un     esprit de prière, de compassion et d’humilité.
Saint frère André, prie pour nous. Amen.»     (prière proposée dans la revue de l’Oratoire de Saint-Joseph )

 Claude Sigouin s.m.m.
 Sanctuaire, le 16-17 octobre 2010