28ième
dimanche ordinaire A
Isaïe, 25,6-9
Phil. 4, 12-14.19-20
Math. 22, 1-14
Claude Sigouin, s.m.m.
Sanctuaire, le 8 et 9 octobre 2011
Nous sommes, en ce 28ième dimanche du temps
liturgique ordinaire, invités à une noce, une noce royale
en l’honneur du fils du roi. Le festin est prêt comme le
prévoyait le prophète Isaïe dans notre première lecture, « c’est
un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viande
succulentes et de vins décantés»
Nous sommes aussi, la veille du Jour de l’Action de
grâce, une fête nationale qui est congé public pour
remercier le Seigneur de tous les bienfaits dont il nous comble,
surtout de l’abondance des fruits de la terre et de notre travail
humain, un jour d’action de grâce pour reconnaître que le Seigneur est
la source de tous ces biens.
L’expérience humaine cependant nous enseigne que
nous avons une certaine tendance à crier vers Dieu quand tout va mal,
mais quand tout va bien et que l’abondance nous entoure, nous oublions
facilement que tout cela est un don de Dieu. Nous allons plus
loin encore, nous pensons que nous sommes nous-mêmes la
source de tous les biens qui nous entourent, que Dieu n’a rien à faire
là-dedans, surtout avec la technologie moderne qui réalise presque
l’impossible. Nous oublions l’unique essentiel et nécessaire(
Dieu) pour nous attacher à ce qui est important ( notre savoir faire,
nos réussites) mais tout de même secondaire, par rapport à la vraie
vie, la vie divine en nous, par rapport à notre relation
amoureuse avec Dieu.
Que nous enseigne l’évangile du jour à ce sujet ?
« Jésus disait en parabole :
Le royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de
son Fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler les invités à la
noce.» Nous savons que le roi représente Dieu le Père, et que son
fils, c’est Jésus-Christ.
Cependant les invités à la noce
refusent de venir.
Quelles sont les raisons du refus ?
L’évangéliste Matthieu, dans l’évangile d’aujourd’hui, nous
raconte que les invités« ne tinrent aucun compte de l’invitation» et
«qu’ils s’en allèrent l’un à son champs, l’autre à son commerce»
L’évangéliste Saint-Luc, dans cette même parabole est
beaucoup plus précis. Il donne les motivations de ce refus :
« J’ai acheté, un champ et il me faut le voir» « J’ai acheté cinq
paires de bœufs et je pars les essayer» « Je viens de me marier, et
c’est pourquoi je ne peux venir» (Luc 14. 18-20).
À la lumière de cette parabole de l’invitation à une
noce, demandons-nous deux questions.
Première question : Qu’est ce que nos trois
invités à la noce ont en commun ? Tous trois ont quelque
chose d’important à faire, quelque chose qui réclame
leur présence. Toue les trois refusent la noce divine.
Deuxième question : Que représente cette noce divine ? Elle
représente la relation intime avec le Christ, une relation fidèle, et
féconde, exclusive, une relation comme celle d’un mari et de son épouse.
Dans l’Ancien Testament, la relation de
Dieu avec son peuple est souvent comparée à un mariage, à une alliance
d’amour entre Dieu et nous. ( Hosée, 2, 19-20 ; Isaïe 54, 4-8.
63,5).
Dans le Nouveau Testament, le Christ est
présenté comme l’époux surtout en s’unissant d’une façon la plus intime
à notre humanité. Il a épousé notre nature humaine.
Quelle est donc l’erreur de nos invités qui refusent
le repas de noce? Une erreur qui guette chacun et chacune de nous
! C’est de négliger ce qui est le plus essentiel, au profit
de l’important, de négliger l’essentiel au profit de
l’accessoire, de négliger tous les biens spirituels au détriment des
biens matériels.
C’est une erreur qui nous guette souvent à notre
tour.
Je donne simplement quelques exemples. C’est
le dimanche, l’heure de se préparer pour la célébration de
l’eucharistie. Mais voilà, je dois faire une visite à quelqu’un, je
dois travailler dans le jardin, je dois faire du ménage, je dois mettre
mes comptes à jour, je dois faire du magasinage pour la semaine ou
encore, conduire les enfants aux sports, et voila que la liturgie du
dimanche est complètement supprimée.
L’essentiel, c'est-à-dire
approfondir ma relation avec Dieu, et surtout nourrir cette relation
par la Parole de Dieu et l’Eucharistie, voila que tout cela est mis de
côté. Autrement dit l’important prend la préséance
sur l’essentiel, et notre relation amoureuse, nuptiale avec Dieu est
négligée considérablement. Quelles sont nos priorités ? Les biens
spirituels ou les biens matériels ? Quels sont nos critères ?
L’essentiel ou le secondaire ? Faisons-noua vraiment la différence
entre l’important et l’essentiel? `
À l’occasion de cette parabole,
demandons la grâce du discernement dans le choix de nos valeurs, dans
le choix de nos priorités. Ce discernement assurera notre plus
grand bonheur, notre plus grand épanouissement humain et
spirituel.
La parabole d’aujourd’hui, nous renvoi
aussi à l’eucharistie que nous célébrons. «Heureux
sommes-nous d’être invités au repas du Seigneur». L’eucharistie est
souvent comparée à un banquet de noce, En effet, au moment de
sainte communion, se réalise la relation la plus intime, la plus
exclusive, la plus féconde avec le Christ, une relation nuptiale. Nous
devenons même un seul corps avec lui. Le sacrement de mariage est le
symbole le plus significatif pour exprimer cette relation intime,
exclusive, nuptiale avec le Christ.
L’eucharistie est aussi l’action de
grâce par excellence, comme nous le proclamons avant chaque préface, «
rendons grâce au Seigneur, notre Dieu».
« Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à
toi, Père très saint, Dieu éternel et tout puissant, par le
Christ notre Seigneur»
Quelles sont nos raisons de rendre action de grâce ?
Elles sont très nombreuses.
Pensons à cette invitation d’être invité à la noce divine avec Dieu, de
vivre une relation amoureuse, intime, féconde et exclusive avec lui.
Pensons à cette vie divine en nous, reçue au
baptême, pensons à cet organisme spirituel qui nous est donné,
sans mérite de notre part, les vertus théologales de foi, espérance et
charité, pensons aux dons de l’Esprit-Saint. Pensons aux
grâces de chaque jour qui éclairent nos intelligences, fortifient nos
volontés dans nos chois à faire. Pensons à tous nos biens
matériels pour notre confort et nos besoins.
Pensons surtout à l’occasion du jour de l’action de
grâce que nous allons célébrer demain, à tous les fruits de la terre,
si variés, si délicieux, pensons aux moissons abondantes. C’est ce que
nous voulons représenter par ces paniers de pommes juteuses, pleine de
soleil. Nous aurons le plaisir de vous offrir une de ces
pommes à la fin de notre célébration, après les avoir bénites, en signe
d’action de grâce pour le Seigneur.
Pensons aux cinquante ans de faveurs reçus de
la Reine-des-Cœurs, dans ce Sanctuaire. Que de raisons pour
rendre action de grâce ?
En ce sens, en terminant, je vous propose la
première oraison de la liturgie de demain : jour de l’action de
grâce.
« Devant les fruits de ta
création Seigneur, nous te rendons grâce de vouloir notre bonheur et
notre salut, toi qui a réglé les temps et les saisons pour que toute
semence donne son fruit, fais de notre propre vie une terre fertile où
puisse croître la justice et se multiplier la charité.»
Que la Vierge Marie chante avec
nous et pour nous son Magnificat d’action de grâce : «Notre
âme exalte le Seigneur, il fait pour nous des merveilles. Saint est son
nom.» Amen