27ème dimanche ordinaire A
Ézéchiel 18, 25-28;
psaume 24; Philippiens 2, 1-11; Matthieu 21, 28-32
Homéliste: Georges Madore, montfortain
Suivre le chef!
On se rend compte au cours de la campagne
électorale combien le chef du parti est important. C'est lui qui
donne la ligne à suivre (le tournant vert), et qui motive ses
troupes, et qui livre les combats contre les autres. Les troupes
suivent leur chef ou vers la victoire ou vers la défaite...
Nous retrouvons un peu la même
problématique dans la lettre que Paul écrit aux
chrétiens de la ville de Philippes. Une ville fondée par
le père d'Alexandre le Grand vers -358, puis rebâtie par
Octavien. Ce dernier en avait fait une colonie romaine, la peuplant
d'anciens soldats auxquels il accordait des terres. Les Philippiens
étaient fiers d'être de vrais citoyens romains,
régis par les lois de Rome. Paul y a fondé une
communauté chrétienne. En y arrivant il a
rencontré une femme d'affaires Lydie, qui l'a accueillie et l'a
soutenue.
Paul écrit cette lettre parce que les
Philippiens le sentent loin. Paul sait par ailleurs qu'ils vivent des
problèmes, des tensions, des rivalités qui risquent de
briser la communauté. Dans l'extrait lu aujourd'hui, il commence
par leur dire tout ce qu'on trouve dans le Christ: (traduction
littérale:) «du réconfort, l'encouragement de
l'amour, la communion de l'Esprit, entrailles et compassions»,
puis il leur demande: «rendez ma joie complète en vous
comportant de même: ayez un même amour, un même cœur;
ne faites rien par rivalité. Que personne ne cherche son propre
intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des
autres.»
Un chemin d'obéissance
Puis, Paul montre le chemin qu'a suivi Jésus.
Il le fait en citant une hymne que les Philippiens connaissaient et
chantaient. Cette hymne raconte en quelque sorte le parcours, le chemin
de Jésus. Égal à Dieu, il ressemble à Dieu.
Ce Dieu-Père qui donne tout ce qu'il est à son Fils et
qui veut donner tout ce qu'il est aux êtres humains.
Épousant ce mouvement de don, Jésus se dépouille
de tout pour venir nous rejoindre. Dans la condition humaine, il
«obéit» à ce mouvement d'amour. On a une
notion très négative de l'obéissance. On voit cela
comme de la soumission servile.. Le verbe obéir vient du latin:
ob-audire: écouter devant. Autrement dit, obéir,
c'est d'abord écouter pour ensuite suivre. C'est choisir un
chemin, une voie, une manière d'être et de faire.
Jésus a obéi en ce sens qu'il a choisi la manière
d'être et de faire de son Père. Et cela voulait dire tout
donner. C'est ce qu'il a fait. Pensons-y: nous obéissons tous
à quelque chose ou à quelqu'un. Le mouvement de notre vie
emprunte toujours une voie, une direction. Paul nous rappelle que nous
avons choisi la voie, le chemin tracé par le Christ, le chemin
du don de soi, jusqu'au dépouillement. Mais ça ne
s'arrête pas là. Celui qui obéit à ce
mouvement venu du Père participe à la royauté du
Christ. Il domine tout ce qui est mort, division, rupture, guerre.
Si Jésus menait une campagne
électorale aujourd'hui, quel slogan aurait-il? «Il faut
prendre le tournant vers... les autres.» «Le Québec
prend des forces quand l'amour du Christ l'habite!» «Je
vous fais une seule promesse: ma présence parmi vous toujours et
partout.»
Maintenant, au lieu du credo habituel, nous allons
dire ensemble l'hymne que Paul cite dans sa lettre. C'est dans le
PRIONS, à la page 8
Lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé
bon de revendiquer son droit d'être traité à
l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla
lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable
aux hommes
et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est
abaissé lui-même en devenant obéissant
jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé
au-dessus de tout; il lui a conféré le Nom qui surpasse
tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et
dans l'abîme, tout
être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame:
«Jésus Christ est le Seigneur», pour la gloire de
Dieu le Père. Amen