25ième
dimanche ordinaire C
Amos 8, 4-7
I Tim. 2, 1-8
Luc 16, 10-13.
Homéliste: Claude Sigouin, s.m.m.
À chaque dimanche, la Parole de Dieu, dans trois textes différents,
l'un, de l'Ancien Testament et les deux autres, du Nouveau Testament,
vient nous interpeller profondément dans notre agir humain et chrétien.
Comme le proclame l'épitre aux Hébreux « Vivante en effet, est la
Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux
tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de
l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les
sentiments et les pensées du cœur» ( Héb. 4, 12 )
En ce 25ième dimanche du temps liturgique
ordinaire, qu'elle est l'interpellation de la première lecture du livre
du prophète Amos ?
On se dirait en pleine actualité si nous lisons les
nouvelles du jour « Nous allons diminuer les mesures, augmenter les
prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour
un peu d'argent» Laissons-nous interpeller par cet appel à
l'honnêteté dans nos transactions financières! Il s'agit de ne pas
tromper personne et de ne pas se laisser tromper à notre tour.
Surveillons les petites lignes dans les contrats avec certaines
entreprises en ce qui concerne le pourcentage d'intérêt à payer.
Collaborons pour combattre ces injustices.
Quelle est maintenant l'interpellation de notre
deuxième lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée?
Le début du texte est un appel à la prière «
qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de
grâces»
Qu'est-ce que la
prière de demande ?
La prière est avant tout un don de Dieu à notre égard, c'est l'Esprit
qui prie en nous. Ce n'est pas uniquement une initiative personnelle
pour exprimer nos besoins et pour résoudre tous nos problèmes.
La prière est avant tout une rencontre de deux soifs; d'une part,
la soif de Dieu pour nous, il nous désire et il nous prie d'accueillir
son amour et d'autre part, notre soif de Dieu, notre désir
ardent d'être combler de son Amou. Saint Augustin écrivait « Dieu a
soif que nous ayons soif de lui » (Catéchisme universel, p 519).
Bien sûr, dans la prière de demande, nous pouvons exprimer nos
propres besoins personnels. Le but n'est pas d'informer Dieu, il
connaît nos besoins. Cependant, Il désire que nous lui
manifestions nos besoins pour respecter notre liberté et ne pas
s'imposer à nous, pour nous aider à donner sens aux évènements et
finalement, pour nous donner la force de dire comme le Christ
disait à son Père : « Que ta volonté soit faite et non la mienne »
Que veut dire la prière
d'intercession?
Cette prière consiste à demander des faveurs mais pour
d'autres personnes, par notre intermédiaire, et par notre médiation
participée de l'unique médiateur Jésus-Christ. Dans cette prière, nous
ne recherchons pas nos propres intérêts, mais nous pensons aux
besoins des autres comme nos parents, nos amis, les personnes de notre
entourage.
Cette prière ne connaît pas de frontières,
elle doit être universelle, comme nous le propose notre
texte d'aujourd'hui : « pour les chefs d'État et tous ceux qui
ont des responsabilités » même pour les ennemis, pour les persécuteurs
de notre foi, pour les personnes qui rejettent l'évangile.
Je suis certain que le pape actuellement en visite en Angleterre, prie
pour les contestataires de sa visite.
Cette dimension universelle de la prière se manifeste dans la
célébration de nos eucharisties dominicales lorsque nous prions
ensemble pour tous les besoins du monde entier et les besoins de
l'Église dans ce que nous appelons : «la prière des fidèles» ou encore
« la prière universelle ».
Que veut dire la prière d'action
de grâce ?
C'est une prière avant tout de remerciement pour les très nombreux
bienfaits que nous recevons de l'amour inconditionnel de Dieu. Les
bienfaits de la création, les bienfaits des personnes qui nous
entourent.
La prière d'action de grâce débouche facilement en prière de
louange, une prière toute gratuite et désintéressée qui se porte
uniquement vers Dieu pour lui rendre gloire surtout parce qu'il est
amour et rien d'autre qu'Amour. Comme nous le proclamons à chaque
eucharistie : « À toi Dieu le Père tout Puissant, tout honneur et toute
gloire pour les siècles des siècles.»
En quoi nous provoque maintenant l'évangile
d'aujourd'hui ?
Dans la lecture brève que nous venons de proclamer le mot clef, le mot
le plus important du récit revient cinq fois : c'est le mot confiance «
celui qui est digne de confiance».
C'est d'abord la confiance que Dieu met en nous pour bâtir son
Royaume sur la terre, un royaume de d'amour, de justice, de paix et de
joie. Il a confiance en nos capacités, à nos habiletés. C'est lui qui
nous donne nos talents, nos forces, nos dons. Sommes-nous vraiment
dignes de cette confiance ?
Réciproquement, quelle c'est la qualité de notre confiance en Dieu, de
notre abandon total à son Amour.
C'est nous poser la question : En qui mettons-nous notre confiance
? Est-ce que Dieu est vraiment le premier servi ou est-ce que
nous servons d'avantage le dieu de l'Argent trompeur, selon
l'expression de notre évangile.
C'est Argent, il est trompeur de deux manières.
Premièrement, il nous fait croire qu'il nous assurera le bonheur. Bien
sûr, il est nécessaire cet argent pour un bien vivre, mais le dieu
argent ne fait pas le bonheur.
Un frère montfortain que plusieurs connaissent, Louis
Dorval, vient de mourir.
C'était un homme heureux, mais il ne possédait aucun argent en propre,
il avait fait même un vœux de pauvreté. Comme la sagesse humaine nous
l'apprend « il n'y pas grand intérêt à être le plus riche du cimetière»
Deuxièmement, cet Argent nous trompe quand nous croyons qu'il nous
appartient pour nous tous seuls. Jésus ne demande pas de mépriser
l'argent, mais il nous demande de le mettre au service de son Royaume.
Nous sommes des intendants responsables de cet argent pour nos besoins
personnels mais aussi pour le bonheur des plus démunis qui nous
entourent. L'enseignement de Jésus à des disciples est clair et
interpellant : «Vous ne pouvez pas à la fois servir Dieu et l'Argent »
Comment appliquons- nous pour aujourd'hui la Parole de Dieu
proposée par le prophète Amos, par saint Paul et par Jésus
lui-même? C'est tout un défi auquel nous sommes seuls
personnellement capables de répondre en toute responsabilité chrétienne.
Pour mieux le faire, nous avons besoin d'un modèle, et c'est la Vierge
Marie. Elle la pauvre de Yahvé , Jésus la déclare bienheureuse parce
qu'elle méditait dans son cœur la Parole et la mettait en pratique.
Nous avons besoin de sa prière pour que l'Esprit nous donne force et
courage pour nous laisser « pénétrer, par le glaive à deux
tranchants de la Parole jusqu'au point de l'âme et de l'esprit.»
Selon le refrain d'un beau cantique à la Vierge Marie : «Je mets ma
confiance, Vierge, en votre secours Servez-moi de défense, Prenez
soin de mes jours! O Vierge maternelle, Veillez sur votre enfant!
» Amen.
Sanctuaire MRDC , le 18 et 19 septembre 2010.