Première messe de Louis Paul St Laurent
( le 13
septembre 2009)
Jérémie. 1, 4-9
St-Jean, 19, 25-27
Chers parents et amis de Louis-Paul.
Chers habitué(e)s du Sanctuaire.
Cher Père Louis-Paul
C’est avec une grande joie que nous sommes
réunis, ce matin, pour remercier et rendre grâce au Seigneur à
l’occasion de la célébration de la première messe de notre cher
Louis-Paul St Laurent, nouvellement ordonné prêtre montfortain.
C’est une grâce qui nous est offerte à
l’occasion de l’année presbytérale décrétée par le pape Benoît XVI, à
l’occasion du 150ième anniversaire du décès du saint curé d’Ars,
Jean-Marie Vianney.
Dans sa lettre aux prêtres, pour le lancement de
cette année presbytérale, le pape souligne que le prêtre est un don
immense pour l’Église et pour l’humanité elle même.
Quel est ce don immense ? C’est que le sacerdoce,
selon les mots du curé d’Ars « c’est l’amour du cœur de
Jésus » Quel est cet amour de Jésus? C’est un
amour qui se donne personnellement au service du peuple de
Dieu, un amour qui donne et qui partage, et un amour qui
pardonne ceux et celles qui s’approchent de lui pour la rémission de
leurs péchés. Le prêtre réactualise et renouvelle sacramentellement,
d’une façon visible et efficace cet amour du cœur de Jésus, dans
le quotidien de nos vies, en reprenant les paroles et les gestes du
Christ en notre faveur. Le prêtre dans son ministères sacerdotale ne
peut rien faire pour lui-même. Il est uniquement au service des autres.
Dans un monde sécularisé et dans une société
égalitaire comme la nôtre, l’identité du prêtre et surtout sa dignité
ne sont plus soulignés comme autrefois avec un statut
social privilégié, avec un certain prestige. Au contraire, la
dignité et la grandeur du prêtre sont souvent ridiculisées.
Nous avons l ‘occasion aujourd’hui de souligner
la grandeur du prêtre en la personne de notre cher confrère Louis-Paul.
Quelle est cette grandeur du prêtre ? Demandons au
saint curé d’Ars de nous répondre lui-même, évidemment dans le
langage et l’approche théologique de son temps, aux XVIII siècle.
Le saint curé d’Ars s’exclamait
ainsi : « Oh! Que le prêtre est quelque chose de grand!
Dieu lui obéit : il dit deux mots et notre Seigneur descend du
ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie »
Pour expliquer l’importance du sacerdoce en relation
avec les sacrements, le bon curé d’Ars disait : « Si nous
n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas notre
Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui
est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le
prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage
? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette
âme, pour une dernière fois dans le sang de Jésus-Christ? Le prêtre,
toujours le prêtre….Après Dieu, le prêtre, c’est tout… le prêtre ne se
comprendra bien que dans le ciel » ( Documentation catholique, no
2428, p.723)
Le bon curé d’Ars de dire encore : « C’est
le prêtre qui continu l’œuvre de rédemption sur la terre…À quoi
servirait une maison remplie d’or, si vous n’aviez personne pour ouvrir
la porte? Le prêtre a la clef des trésors célestes : c’est lui qui
ouvre la porte; il est l’économe du bon Dieu, l’administrateur de ses
biens. »
Voilà, en ce qui concerne la dignité du prêtre. Je
voudrais maintenant souligner que Louis-Paul est un prêtre avec
une identité spécifique comme religieux prêtre montfortain.
Dans notre première lecture, la parole de Yahvé
s’adresse au prophète Jérémie en ces termes : « Avant
même de te former au ventre maternel, je t’ai connu; avant même que tu
sois sorti du sein, je t’ai consacré;comme prophète des nations, je
t’ai établi »
Cette parole de Dieu s’adresse aujourd’hui à toi,
Louis-aul.
Saint Louis -de- Montfort dans sa Prière
embrasée pensait aussi à toi d’une manière prophétique , comme
religieux prêtre montfortain, lorsqu’il écrit de sa Congrégation future
( et par le fait même de chacun de ses membres) que de toute éternité
tu étais dans la pensée de Dieu, dans les mains de Dieu, et dans le
cœur même de Dieu, et que lorsque son Fils mourait sur la croix il t’a
confié à sa sainte Mère » ( cf. P.E. 1)
Dans notre évangile de Saint Jean, proclamé tout à
l’heure, nous trouvons le Christ mourant sur la croix, la Vierge
Marie et le disciple bien aimé au pied de cette croix :
« Jésus dit à sa mère : Femme, voici ton Fils. Puis il
dit au disciple : Voici ta mère. Dès cette heure là, le
disciple l’accueillit comme sienne. »
En effet, il existe une relation très
profonde entre la Vierge Marie et le prêtre et à plus forte raison si
celui-ci comme Louis-Paulest un montfortain, c’est à dire un
consacré au Christ Sagesse par l’intercession maternelle de Marie, et
aussi comme Louis Paul, un fruit de la Prière embrasée du Père de
Montfort qui demandait avec insistance. « Seigneur Jésus, donnez
des enfants et des serviteurs à votre mère, autrement que je
meure » (PM 6)
Comment expliquer cette relation
profonde entre le prêtre et la Vierge Marie ? C’est que le prêtre
est d’avantage semblable à Jésus, il en est la représentation
sacramentelle, non seulement lorsque le prêtre célèbre les sacrements
mais dans toute sa personne. Dans cette identification et conformation
sacramentelle au Christ, le prêtre est d’autant plus le fils de Marie .
Cette relation profonde entre le prêtre
et Marie s’explique aussi dans le sens que la Vierge Marie et le prêtre
sont engagés tous deux ensemble dans la même mission de proclamer, de
témoigner et d’apporter le Christ au monde. L’apostolat du prêtre
est une continuation de la virginité maternelle de Marie, donner le
Christ au monde.
Cher Louis-Paul, en mon nom personnel,
et au nom de tous mes confrères, je veux te féliciter de ta réponse
d’amour à cet appel particulier du Seigneur. Un « oui »
libre et responsable, joyeux et audacieux comme le « oui » de
la Vierge Marie à l’Annonciation.
Je veux rendre grâce au Seigneur pour le
don de ton sacerdoce au service de la mission montfortaine de proclamer
le Règne de Dieu par le Règne de Marie..
Je veux féliciter aussi ta famille plus
immédiate, surtout ton cher papa, lui même diacre, et ta chère
maman. C’est dans une famille profondément chrétienne comme la tienne
que normalement germe, grandit et fleurit une vocation sacerdotale.
Je veux terminer avec quelques
extraits de la Prière embrasée de notre saint fondateur, une
prière qui toujours l’idéal à réaliser pour chaque montfortain :
« Qu'est-ce que je vous demande Seigneur?
Liberos: des prêtres libres de votre liberté, détachés de tout…
Liberos.. des hommes selon votre cœur … le bâton de la Croix et la
fronde du saint Rosaire dans les mains. Liberos: de vrais enfants de
Marie, votre sainte Mère, qui soient engendrés et conçus par sa
charité, soutenus de son bras et enrichis de ses grâces. Liberos:
de vrais serviteurs de la Sainte Vierge, le flambeau luisant et
brûlant du saint Évangile dans la bouche et le saint Rosaire à la
main ( Prière embrasée, passim 7-12)
Cher Louis-Paul, je veux te souhaiter
d’être un prêtre montfortain selon l’esprit et le coeur de
Montfort, et te souhaiter aussi un très fructueux apostolat sacerdotal
au service du Christ et de sa sainte Mère.
En cette occasion de
ta première messe, demandons au Seigneur, avec foi et audace de
nombreuses vocations sacerdotales montfortaines. Comme tu le
mentionnais toi-même dans ta carte d’invitation, implorons
avec Montfort l’Esprit créateur :
« Envoyez cet Esprit tout de
feu sur la terre pour y créer des prêtres tout de feu par le ministère
desquels la face de la terre soit renouvelée et votre Église
réformée. » (P.E. 17)
Claude Sigouin, s.m.m.
Sanctuaire, le 13 septembre 2009.
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